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Crash du vol MH17 en Ukraine: qui et pourquoi?

Les débris de l'avion MH17 de Malaysia Airlines à Chakhtarsk, dans l'est de l'Ukraine, le 18 juillet 2014.

Les débris de l'avion MH17 de Malaysia Airlines à Chakhtarsk, dans l'est de l'Ukraine, le 18 juillet 2014. - -

VIDEO - 24 heures après le crash d'un Boeing 777 de Malaysia Airlines, jeudi près de Donetsk dans l'est de l'Ukraine, plusieurs questions restent sans réponse. Qui a abattu l'avion et pourquoi? Vendredi, gouvernement ukrainien et séparatistes pro-russes se rejetaient la faute.

Qui et pourquoi? 24 heures après le crash du vol MH17 de la compagnie Malaysia Airlines dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, les deux principales questions soulevées par cette catastrophe sont toujours sans réponse.

Si la piste privilégiée est celle d'un avion abattu par un missile sol-air, rien ne permet de savoir qui a actionné le missile. En Ukraine, pro-russes et pro-occidentaux se rejettent la faute d'un crash aux répercussions mondiales. Le point sur la situation.

> Que s'est-il passé exactement?

Parti d'Amsterdam, et à destination de Kuala Lumpur, le Boeing 777 de Malaysia Airlines a disparu des radars vers 17h20 jeudi, alors qu'il était à 10.000 mètres d'altitude. Il s'est écrasé près de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, causant la mort de ses 298 passagers.

> Qui sont les victimes?

• Principalement des Néerlandais. Si la compagnie Malaysia Airlines tarde à communiquer la liste des passagers, on connaît en revanche leurs nationalités: 189 Néerlandais, 29 Malaisiens - et 15 membres d'équipage - 27 Australiens, 12 Indonésiens, trois Philippins, un Canadien et un Néo-zélandais. Neuf Britanniques, six Belges et quatre Allemands sont également décédés. Aucun Français ne fait partie des victimes, a confirmé François Hollande depuis le Niger, vendredi soir.

• Des spécialistes du sida. Environ 100 passagers se rendaient à la conférence internationale sur le sida, organisée ce week-end à Melbourne. Parmi les victimes figurent notamment le porte-parole de l'OMS Glen Thomas, ainsi que l'éminent spécialiste du sida, Joep Lange.

> Le vol MH17 avait-il le droit de survoler l'Ukraine?

• Une zone dangereuse... Au moment du crash, l'appareil survolait la région de Donetsk en Ukraine, une zone ravagée par la guerre civile. Une zone soigneusement évitée par plusieurs compagnies aériennes, mais pas par Malaysia Airlines. Pourquoi? "Cette route était considérée comme sécurisée", a assuré vendredi le vice-président de la compagnie en Europe, Huib Gorter. "Plusieurs compagnies utilisaient cette zone. Ce jour-là, la route était considérée comme sûre", a-t-il ajouté.

•.. mais pas interdite. Pourtant, rien n'interdisait à Malaysia Airlines d'emprunter ce corridor. L'espace aérien de l'Ukraine n'était en effet pas fermé, jusqu'à ce vendredi.

> Quel type de missile a pu causer ce crash?

Selon un premier rapport du renseignement américain, l'avion de Malaysia Airlines a probablement été abattu par un missile.

La nature du sytème de missiles utilisé, l'endroit précis du tir et l'identité des responsables restent encore inconnus. On sait en revanche, que seul un certain type de missile peut avoir atteint l'avion, qui volait à 10.000 mètres d'altitude. Cela exclut en effet les lance-missiles portatifs, dont la portée n'excède pas 3.000 mètres. Et les regards se tournent désormais vers le missile russe Bouk et l'arsenal militaire des séparatistes pro-russes, qui ont justement revendiqué le vol d'une batterie de ces missiles la semaine dernière.

> Qui est soupçonné?

• Des pro-russes selon les Américains et le gouvernement ukrainien. Un conseiller du ministère ukrainien de l'Intérieur a rapidement accusé les séparatistes jeudi, après le crash. Le missile sol-air aurait été tiré depuis une "zone près de la frontière" russe, selon le renseignement américain. Barack Obama, le président américain, a directement mis en cause les pro-russes dans une allocution, vendredi soir, interpellant au passage Vladimir Poutine sur le soutien militaire de la Russie aux séparatistes.
• Le gouvernement ukrainien selon les pro-russes et le Kremlin. Les médias russes, notamment la télévision proche du pouvoir, a même évoqué l'idée que le missile visait l'avion de Vladimir Poutine, similaire à celui de Malaysia Airlines.

Toutefois, il est encore impossible de savoir si le missile a été tiré côté russe ou côté ukrainien.

Et maintenant?

• Une enquête internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé vendredi la mise en place d'une "enquête internationale complète, minutieuse et indépendante", ce qu'avait demandé François Hollande vendredi matin. Interpol a d'ores et déjà annoncé envoyer une équipe sur place "sous 48 heures". Cette cellule de crise comprendra des experts en identification des victimes de catastrophes, issus d'une Commission internationale des personnes disparues. De son côté, la France a mis deux experts à disposition et propose ses moyens techniques pour participer à l'enquête.

• Un tournant dans la crise opposant l'Occident à la Russie. Depuis le début de la crise ukrainienne, il y a plus de quatre mois, Américains, Européens, ainsi que les autorités de Kiev, accusent Moscou de laisser passer armes et matériel destinés aux rebelles séparatistes à travers la frontière. S'il se confirmait que ce drame était dû aux pro-russes, de nouvelles sanctions occidentales ne manqueraient pas de viser la Russie.

S. C. et V.P. avec AFP