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Ukraine: quelles sanctions contre la Russie?

La Russie de Vladimir Pourine s'expose à de nouvelles sanctions internationalles.

La Russie de Vladimir Pourine s'expose à de nouvelles sanctions internationalles. - -

Alors que les États-Unis et les principaux dirigeants européens évoquent de nouvelles mesures contre Moscou, tour d'horizon de ce qui a déjà été mis en place pour pénaliser Poutine et ses proches alliés.

La Russie va-t-elle se faire de nouveau sanctionner pour son attitude dans la crise ukrainienne ? Face à la dégradation de la situation dans l'est de l'Ukraine, les dirigeants américain Barack Obama, français, François Hollande, allemand, Angela Merkel, britannique, David Cameron et italien, Matteo Renzi, ont "évoqué" au téléphone d'éventuelles nouvelles mesures contre Moscou.

"Les chefs d’État et de gouvernement ont appelé à une réaction rapide du G7 et évoqué l'adoption de nouvelles sanctions par la communauté internationale à l'encontre de la Russie", a précisé, sur ce sujet, l’Élysée. Ces nouvelles mesures pourraient être enclenchées automatiquement dans l'hypothèse d'une intervention des forces régulières de l'armée russe dans l'est de l'Ukraine.

En attendant, depuis le début de la crise, plusieurs sanctions ont déjà été engagées contre Moscou, qui se contente d'appeler "Kiev à cesser toute action militaire". Elles peuvent être dissociées dans quatre catégories différentes. Tour d'horizon.

Sanctions militaires

Washington a décidé le 3 mars de suspendre sa coopération militaire avec la Russie à la suite de l'intervention russe en Crimée. Le 1er avril, les ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres de l'Otan ont opté pour une suspension de "la coopération civile et militaire avec la Russie", sans préciser quels programmes seront touchés. Ceux concernant l'Afghanistan ou la lutte contre le trafic de drogue seront toutefois exclus.

Sanctions financières et restrictions de visas

Au lendemain du référendum demandant le rattachement de la Crimée à la Russie, Européens et Américains ont annoncé le 17 mars des sanctions financières à l'encontre d'un nombre limité de hauts responsables russes et ukrainiens pro-russes. Côté américain, une vingtaine de personnes ont vu ainsi leurs éventuels avoirs gelés aux États-Unis. Figurent parmi elles, le vice-premier ministre, Dmitri Rogozine, la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe), Valentina Matvienko, ainsi que deux proches conseillers de Vladimir Poutine (Vladislav Sourkov et Serguei Glaziev).

La liste des personnalités sanctionnées par l'UE s'est élargie, le 21 mars, à 12 nouveaux responsables, dont Dmitri Rogozine, portant ainsi à 33 le nombre de personnes visées au total. Les Européens ont décidé le 14 avril d'ajouter quatre nouvelles personnalités à leur liste noire, portant à 37 le nombre des personnes sanctionnées, mais doivent encore s'entendre sur les noms.

Début mars, les dirigeants européens ont de plus suspendu toute discussion avec leurs homologues russes sur une libéralisation de la politique des visas.

Sanctions diplomatiques

Pour protester contre le rattachement de la Crimée à la Russie, les dirigeants occidentaux ont choisi, le 25 mars, lors du sommet de La Haye, d'annuler le sommet du G8 prévu en juin à Sotchi (Russie). Ce G8 sera remplacé par un G7, sans la Russie donc, les 4 et 5 juin à Bruxelles.

Sanctions économiques

Les Européens ont accepté le 20 mars le principe d'adopter des sanctions économiques contre la Russie au cas où la situation viendrait à se détériorer en Ukraine par la faute de Moscou. Mais la décision devra être prise à l'unanimité par les dirigeants des 28 États de l'UE lors d'un sommet européen. La Commission européenne a été chargée de préparer des options et d'étudier leur impact sur les économies de l'UE. La décision dépend maintenant de la volonté politique des États. Tous les secteurs économiques sont concernés et cette perspective inquiète les industriels européens.

Jé. M. avec AFP