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MH17: la télévision russe alimente la théorie d'un complot contre Poutine

Plusieurs utilisateurs sur Twitter, comme Louise Johnston, ont relayé ce montage photo des deux avions, celui de Malaysia Airlines et celui de Vladimir Poutine, publié par Russia Today.

Plusieurs utilisateurs sur Twitter, comme Louise Johnston, ont relayé ce montage photo des deux avions, celui de Malaysia Airlines et celui de Vladimir Poutine, publié par Russia Today. - -

La télévision russe accuse sans détour Kiev d'être responsable du crash du Boeing 777 de Malaysia Airlines, jeudi dans l'est de l'Ukraine. Certains médias évoquent même un complot visant le président russe Vladimir Poutine.

"La cible du missile pourrait ne pas avoir été un avion de passagers, mais bien l'avion du Numéro Un." Une commentatrice a prononcé ces mots sur la chaîne de télévision russe Vesti, proche du Kremlin, vendredi.

Depuis jeudi, elle n'est pas la seule parmi les médias russes à relayer l'idée que le missile, qui aurait abattu le Boeing 777 de Malaysia Airlines dans l'est de Ukraine jeudi soir, avait pour objectif un autre avion: celui de Vladimir Poutine. Le président russe rentrait en effet d'un voyage de six jours en Amérique latine.

La thèse du complot a été avancée pour la première fois jeudi, par une source anonyme au sein de l'agence fédérale russe du transport aérien Rossaviatsia. Selon cette source, citée par l'agence de presse Interfax, l'avion présidentiel et celui de la Malaysia Airlines suivaient une route très similaire. Elle a également noté l'apparence très semblable des deux avions.

Plusieurs personnes ont vite relayé la rumeur sur Twitter, rapporte l'Express.fr.

This is insane, Putin's airplane flew the same echelon within an hour of #MH17 http://t.co/WOPsLtPAln pic.twitter.com/AsM1kT7AWN
— Louise Johnston (@Louise_Johnston) July 17, 2014

Le site Gazeta.ru a cependant réfuté l'information, poursuit l'Express.fr. Le site d'information russe a cité une source à l'aéroport international de Moscou, affirmant que "l'avion présidentiel (russe, ndlr) n'a pas volé au-dessus de l'Ukraine depuis longtemps".

Kiev accusé

Mais selon la chaîne de télévision Vesti, la théorie du complot restait plausible vendredi. La chaîne a mis en avant le fait qu'un ancien ministre ukrainien de la Défense, Anatoli Gritsenko, s'est montré menaçant à l'égard du dirigeant russe cette semaine.

La chaîne n'a pas hésité à diffuser des images sur lesquelles on voit Anatoli Gritsenko déclarer, sur une chaîne de télévision ukrainienne, que ce serait une bonne chose si quelqu'un tuait Vladimir Poutine.

La première chaîne de télévision russe, Pervyi Kanal, a de son côté préféré insisté sur la présence d'un deuxième avion dans les airs au moment du drame. Il s'agit de la thèse avancée par les séparatistes prorusses: selon eux, un avion ukrainien aurait détruit le Boeing alors qu'il était à 10.000 mètres d'altitude.

Innocenter les séparatistes

NTV, une autre chaîne de télévision proche du Kremlin, a quant à elle fait intervenir un ancien pilote de l'armée, Vitali Sokolovski. Ce dernier a estimé que les insurgés prorusses n'auraient pas su se servir de missiles ayant une portée suffisante pour atteindre l'avion, tels que les Bouk, même s'ils en avaient eu en leur possession.

"Dans les rangs des insurgés, il y a des mineurs, des chauffeurs, des concierges, qui ne sont pas capables de tirer de tels missiles car ils n'ont pas les connaissances nécessaires", a-t-il affirmé.

La presse écrite s'interroge

La presse écrite, média moins suivi que la télévision en Russie, s'est néanmoins voulue plus mitigée.

"La riche histoire des activités de guerre impliquant des séparatistes ou des groupes armés n'a jamais vu d'insurgés abattre un avion de passagers", écrivait le quotidien Vedomosti vendredi. "Des missiles puissants tombent rarement entre leurs mains".

Le journal a cependant rappelé à ses lecteurs que des insurgés se sont emparés d'une unité militaire le 29 juin, où se trouvaient des missiles Bouk selon les agences de presse russes.

De son côté, le quotidien Kommersant, citant une source dans l'aviation russe, a conclu que l'Ukraine porterait la responsabilité de la tragédie, quel que soit le coupable.

V.P. avec AFP