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Brexit: quels pays pourraient connaître un effet contagion

Suède, Danemark et Pays-Bas pourraient emboîter le pas aux Britanniques après la victoire du Brexit. Un effet contagion qui pourrait ne pas s'arrêter là.

Le vendredi 24 juin va marquer un tournant majeur dans l'histoire de l'Union européenne. Selon les résultats définitifs publiés ce matin-là, les Britanniques ont voté à 51,9% pour une sortie de l'UE. Si ce résultat était redouté par beaucoup de dirigeants européens, c'est notamment parce qu'il pourrait créer un effet domino. Plusieurs pays pourraient en effet organiser des référendums similaires, tels la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et même la République tchèque.

> Suède: une majorité de Suédois veulent emboîter le pas à un Brexit

​Si effet domino il y a, le premier pays à suivre pourrait être la Suède. Selon un sondage Sifo publié le 20 avril, les Suédois sont en effet nombreux à vouloir lier leur sort à celui des Britanniques: en cas de Brexit, 36% des Suédois voudraient imiter le Royaume-Uni, alors que 32% seulement voudraient rester dans l’UE.

Politologue et chercheur à l’Institut suédois pour les études politiques européennes (SIEPS), Göran von Sydow avait commenté ce sondage en soulignant que le Royaume-Uni était un allié traditionnel de la Suède dans l’UE, les deux pays n'étant pas membres de la zone euro. Un éventuel Brexit rendrait donc l’appartenance à l’UE d’un pays non-membre de la zone euro comme la Suède plus difficile et plus solitaire.

> Pays-Bas: 47% des Néerlandais veulent un référendum sur un "Nexit"

Leur nombre est en baisse mais reste proche d'une majorité: 47% des Néerlandais souhaitent une consultation populaire sur un "Nexit" (N pour Netherlands, les Pays-Bas en anglais), soit une possible sortie de leur pays de l'UE, selon un sondage de l’Institut Maurice De Hond publié le 19 juin. Quatre mois avant, ils étaient 53% à vouloir un tel référendum.

Au lendemain du vote des Britanniques, Geert Wilders, le leader du Parti pour la liberté (PVV), a d'ailleurs demandé l'organisation de cette consultation, sans cacher son souhait de voir le "oui" l'emporter.

"Si je deviens Premier ministre, il y aura un référendum aux Pays-Bas. Nous voulons être en charge de notre propre pays, notre propre monnaie, nos propres frontières, et avec notre propre politique d'immigration", a encore déclaré Geert Wilders. Les sympathisants du parti d'extrême-droite sont d'ailleurs très largement favorables à un "Nexit": les électeurs du PVV approuvent à 90 % l’idée d'une sortie de leur pays.

> Danemark: une place forte de l'euroscepticisme

Il n'y a pas encore eu de réaction danoise au Brexit mais le pays est connu pour son euroscepticisme. En décembre dernier, les Danois ont en effet voté à 53% contre le renforcement de leur coopération avec l'UE en matière de police et de sécurité.

> République Tchèque: le Premier ministre envisage un débat

"Si la Grande-Bretagne quitte l'UE, un débat sur le retrait de la République tchèque sera à attendre dans quelques années. L'impact risque d'être vraiment énorme", avait averti en février Bohuslav Sobotka, le Premier ministre tchèque. Dix jours plus tard, il affirmait pourtant qu'une sortie tchèque de l'UE était une idée "infondée et dangereuse". Une telle contradiction pourrait cacher une stratégie pour peser sur les décisions européennes plus qu'un vrai risque de sortie.

> France: Marine Le Pen demande un "Frexit"

Dans la foulée du résultat britannique, la présidente du FN Marine Le Pen a salué une "victoire de la liberté", réclamant "le même ​référendum en France et dans les pays européens". Le FN n'est pas le seul à se réjouir. Nicolas Dupont-Aignan, du parti Debout la France, a lui aussi crié victoire et félicité Nigel Farage, leader britannique du parti europhobe Ukip et partisan du Brexit. Selon un sondage publié en mars, 53% des Français souhaitent être consultés par référendum sur le maintien du pays dans l'UE.

Ma. G.