BFMTV

Un faux panneau installé par un artiste dans une rue de Londres accusé d'antisémitisme

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Daniel Leal-Olivas-AFP

Un artiste français a installé 27 faux panneaux de signalisation dans les rues de Londres. L'un d'entre eux représente un juif ultraorthodoxe. Le photographe a été accusé d'antisémitisme, le panneau doit être retiré.

Il s'est dit désolé. L'artiste et photographe français Franck Allais qui a installé un faux panneau de signalisation "attention aux juifs" dans le cœur de Londres a regretté d'avoir pu choquer et a assuré que son installation n'était en rien antisémite, comme le rapporte The Guardian

Sur ce le panneau installé à Stamford Hill, un quartier de la capitale britannique où vit une grande communauté de juifs hassidiques: la silhouette d'un homme portant un chapeau, représentant un juif ultraorthodoxe.

Pas une "mauvaise" signification

Des habitants du quartier ont signalé le panneau aux autorités. "Les gens de Stamford Hill sont tristement habitués aux insultes et attaques antisémites", a déploré un représentant de la police. Selon le Community Security Trust, le nombre d'actes antisémites a augmenté d'un tiers en 2016 au Royaume-Uni, pour atteindre le nombre record de 1.309 incidents.

L'affaire a fait grand bruit: une députée travailliste a qualifié le panneau de "dégoûtant" et "inacceptable", un ancien ministre de la Culture a estimé que c'était "abject, un mauvais comportement qui n'a pas sa place dans notre communauté".

Franck Allais a de son côté expliqué que le panneau en question, qui n'avait pas une "mauvaise" signification a-t-il précisé à la BBC, faisait partie d'un projet artistique comprenant 27 autres pancartes triangulaires encadrées de rouge. L'un représentant la silhouette d'une femme tirant un caddie, un autre celle d'un homme en chaise-roulante ou encore un chat.

L'artiste, qui vit à Londres depuis seize ans, dit s'être inspiré de son quotidien et de photos qu'il a lui-même prises pour ce projet.

"C'était un projet sur les routes qui se croisent, la manière dont chacun est différent, dont chacun a sa propre identité. Il n'y a pas qu'un seul panneau dans les rues, j'en ai installé plusieurs mais seulement celui-ci a été remarqué. Je suis désolé de l'offense qui a été causée."

Les panneaux devaient être enlevés par les services municipaux dans la journée de ce mercredi.
Céline Hussonnois-Alaya