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Donald Trump dénonce des actes antisémites "horribles et douloureux" aux Etats-Unis

Les experts critiquent le "désintérêt" de Trump pour la lutte contre le VIH.

Les experts critiquent le "désintérêt" de Trump pour la lutte contre le VIH. - Mandel Ngan - AFP

Depuis début janvier, plusieurs actes antisémites ont été signalés sur le territoire américain. Le président des Etats-Unis est longtemps resté silencieux à ce sujet. Il a rompu ce mutisme ce mardi en dénonçant fermement ces menaces.

Après avoir esquivé le sujet pendant plusieurs jours, Donald Trump a clairement dénoncé ce mardi les menaces "horribles" visant la communauté juive après une série d'incidents contre des centres communautaires ces dernières semaines aux Etats-Unis. Profitant de sa première visite du musée de l'histoire afro-américaine de Washington, inauguré il y a moins de six mois par son prédécesseur Barack Obama, le président américain a appelé à combattre "le sectarisme, l'intolérance et la haine sous toutes ses formes".

Mettant en avant un message d'unité le président américain a explicitement condamné la multiplication de fausses alertes à la bombe dans des centres juifs communautaires, qui font l'objet d'une enquête du FBI. "Les menaces antisémites qui visent notre communauté juive (...) sont horribles et douloureuses et sont un triste rappel du travail qui reste à faire pour éliminer la haine et les préjugés", a-t-il déclaré.

Donald Trump met en avant sa famille

Si sa fille Ivanka avait dénoncé ces menaces sur Twitter - "Les Etats-Unis sont une nation fondée sur le principe de la tolérance religieuse" - le président républicain était jusqu'ici resté muet sur le sujet. Interrogé spécifiquement le 15 février, lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sur la recrudescence des actes antisémites aux Etats-Unis depuis son élection, Donald Trump avait offert un réponse déconcertante, promettant "beaucoup d'amour" aux Etats-Unis ces prochaines années.

Il avait aussi lancé: "Les personnes juives... tellement d'amis, et une fille qui est ici, un gendre, et trois beaux petits-enfants". Il faisait ici référence à Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président américain, qui est de religion juive et surtout à Ivanka Trump qui s'est convertie au judaïsme avant de l'épouser en 2009. De nouveau interrogé sur le même thème ce jeudi, il avait une nouvelle fois esquivé: "Je suis la personne la moins antisémite qui soit (...) et la personne la moins raciste qui soit", avait-il lancé avant de passer à une autre question.

Un silence qui a interpellé 

Selon le Jewish Community Center Association of North America, 11 centres juifs à travers les Etats-Unis ont reçu de fausses alertes à la bombe nécessitant leur évacuation ce lundi. Au total, quelque 70 incidents du même type ont été recensés depuis début janvier dans 27 Etats américains et une province canadienne, selon la même source. Dans le Missouri (centre), une centaine de tombes d'un cimetière juif de Saint Louis ont par ailleurs été profanées ce week-end, selon son responsable.

Le rabbin Jonah Dov Pesner, directeur du Religious Action Center of Reform Judaism, a jugé que la réaction du président était "bienvenue" mais aussi "tardive". "Le président Trump a été, de manière inexcusable, silencieux au moment où cette tendance d'antisémitisme se poursuivait et s'accélérait probablement", a-t-il regretté.

A l'occasion de la journée mondiale à la mémoire des victimes de l'Holocauste, le 27 janvier, le nouveau locataire de la Maison Blanche avait rendu hommage aux "victimes, survivants et héros" de l'Holocauste sans citer nommément les Juifs, ce qui avait provoqué une polémique.

R.V. avec AFP