BFMTV

Législatives au Royaume-Uni: Boris Johnson remporte la majorité absolue au Parlement

Le parti conservateur britannique, mené par le Premier ministre pro-Brexit Boris Johnson, a remporté 328 sièges au Parlement, loin devant les travaillistes qui en comptent désormais 201.

Le Brexit aura bien lieu le 31 janvier: c'est le mandat donné par les électeurs britanniques au conservateur Boris Johnson, qui a décroché jeudi une éclatante victoire aux législatives après plus de trois ans de divisions et de psychodrame autour de la sortie de l'UE. Le Premier ministre britannique a remporté la majorité absolue au Parlement britannique, son parti conservateur ayant franchi le seuil des 326 sièges gagnés sur les 650 de la Chambre des communes, selon les résultats officiels publiés ce vendredi.

Après dépouillement des résultats dans 600 circonscriptions, le Tories disposent de 328 députés, selon les décomptes de la BBC, de Sky News et de l'agence PA, qui confirment la large majorité conservatrice obtenue. Une majorité inédite depuis Margaret Thatcher.

Ce "nouveau mandat fort (...) donne à ce nouveau gouvernement l'occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique", a souligné Boris Johnson, également réélu dans la circonscription d'Uxbridge et South Ruislip, à l'ouest de Londres. Après trois ans de désaccords sur le Brexit, "je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier", a-t-il assuré ce vendredi devant ses partisans.

Dans l'opposition, le Labour a chuté à 201 sièges (contre 262), une claque pour le leader du parti, Jeremy Corbyn, 70 ans. "Très déçu", le leader travailliste désormais sur un siège éjectable, a annoncé qu'il ne "conduira pas le parti aux prochaines élections" et souhaitait voir son parti entamer une "réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique". Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d'Islington nord.

La France salue "une clarification"

A Bruxelles, où les dirigeants européens sont réunis en sommet, la France a salué une "clarification". Jusqu'à présent, Boris Johnson n'avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l'accord de divorce qu'il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes.

Durant la campagne électorale, le dirigeant de 55 ans a promis de soumettre cet accord aux députés avant Noël avec l'objectif de mettre le Brexit en oeuvre fin janvier. Prévu au départ le 29 mars dernier, il a été reporté trois fois.

Boris Johnson a bénéficié d'un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l'europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s'être retiré de nombreuses circonscriptions pour ne pas diviser le vote pro-Brexit. 

Quel Brexit veut Boris Johnson ?

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s'atteler aux "priorités" des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, a affirmé le chef de gouvernement. Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l'Union européenne.

Dès le Royaume-Uni sorti de l'UE s'ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d'ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes. Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.

Avancée des nationalistes écossais

Pour les pro-UE, l'espoir d'empêcher le Brexit s'est évanoui avec la défaite du Labour et l'échec des libéraux-démocrates. Ces derniers avaient fait campagne pour stopper purement et simplement la sortie de l'UE mais n'ont pas réussi à mobiliser et leur cheffe, Jo Swinson, a même perdu dans la bataille le siège qu'elle détenait depuis près de douze ans en Ecosse.

A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont bondi de 20 à 55 sièges, selon le sondage sortie des urnes. Ils comptent s'appuyer sur ce résultat pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, majoritairement hostile au Brexit, bien que Boris Johnson soit fermement opposé à une telle consultation.

Ne croyant pas à une avancée significative du SNP, l'ancienne cheffe des tories en Ecosse, la populaire Ruth Davidson, avait promis de nager nue dans le Loch Ness s'ils dépassaient la barre des 50 élus. Affaire à suivre.

Me.R. avec AFP