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Des enregistrements révèlent ce que Theresa May pensait vraiment du Brexit

Theresa May, le 21 octobre, à Bruxelles.

Theresa May, le 21 octobre, à Bruxelles. - Stéphane de Sakutin - AFP

Des enregistrements d'une discussion entre l'actuelle Première ministre britannique et des employés de Goldman Sachs, datant d'un mois avant le référendum sur le Brexit, révèlent ses inquiétudes d'alors quant aux conséquences d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Un discours bien moins assuré qu'en public. Des enregistrements de conversations privées entre Theresa May et des salariés de la banque Goldman Sachs, datant d'un mois avant le référendum sur le Brexit de juin dernier, révèlent les inquiétudes de la Première ministre britannique quant aux conséquences économiques d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 

Les nombreux avantages du maintien

Ces enregistrements, que le quotidien The Guardian s'est procuré, datent du 26 mai 2016. Soit un mois avant que les Britanniques ne se rendent aux urnes, le 23 juin, pour se prononcer pour ou contre une sortie de l'Union européenne. Ce jour-là, Theresa May, s'adresse longuement en privé, à Londres, à des banquiers de Goldmans Sachs, et les avertit du fait que les entreprises risquent de quitter le Royaume-Uni en cas de victoire du camp du "oui" au Brexit. Et de défendre auprès d'eux les avantages économiques d'un maintien dans l'UE. 

"Je pense que les arguments économiques sont clairs. Je pense que faire partie d'un bloc commercial de 500 millions est important pour nous", dit ainsi celle qui est alors encore secrétaire d'Etat à l'Intérieur dans le gouvernement de David Cameron. "Je pense que le problème est que beaucoup de gens investiront au Royaume-Uni parce que le Royaume-Uni est en Europe. Si nous n’étions pas en Europe, je pense que les firmes et les entreprises se demanderaient s’ils ont besoin de développer une présence en Europe plutôt qu’au Royaume-Uni", ajoute-t-elle. 

Auprès de la banque d'investissement, Theresa May ne s'est pas contentée de louer les aspects économiques du maintien, mais aussi les avantages en matière de sécurité. Selon elle, la sécurité du pays est davantage garantie s'il reste dans l'UE, grâce à des outils comme le mandat d'arrêt européen, ou le partage d'informations entre la police et les services de renseignement. "Il y a définitivement des choses que nous pouvons faire en tant que membre de l'Union européenne qui, je pense, nous mettent en sécurité", dit-elle ainsi. 

Nouveau discours

Pendant la campagne du Brexit, Theresa May, pourtant eurosceptique, était restée fidèle à David Cameron en se positionnant en faveur du maintien dans l'UE, tout en restant peu active dans la campagne. 

Comme l'explique le Guardian, cette prudence de Theresa May en privé contraste avec ses récentes positions plus dures sur la question. Devenue Première ministre, elle tente aujourd'hui de faire oublier ses anciennes positions pro-européennes et défend désormais l'idée d'un Brexit "dur", et d'une rupture radicale avec Bruxelles, qui passe notamment par une sortie du marché unique et l'application d'un contrôle de l'immigration des citoyens de l'UE.

Le 20 octobre, lors d'un sommet européen dans la capitale belge, Theresa May s'est toutefois employée à rassurer ses partenaires européens, s'engageant à ce que Londres assume pleinement son rôle jusqu'au Brexit, puis reste un "partenaire fiable".