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Echange cobayes de l'Est contre argent de l'Ouest

Plus de 50.000 personnes sont concernées par ces tests pharmaceutiques en ex-RDA. (Photo d'illustration)

Plus de 50.000 personnes sont concernées par ces tests pharmaceutiques en ex-RDA. (Photo d'illustration) - -

L’hebdomadaire allemand "Der Spiegel" a révélé dimanche 12 mai que près de 50.000 personnes ont servi de cobayes, parfois à leur insu, à des groupes pharmaceutiques occidentaux à l’époque de la RDA.

Selon une information révélée par l'hebdomadaire allemand, Der Spiegel, dimanche 12 mai, 50.000 personnes de l’ex-Allemagne de l’Est ont servi de cobayes pour des groupes pharmaceutiques de l'Ouest avant 1989. Certaines personnes ont été testées à leur insu. D'autres en sont décédées.

L’étendu de l’affaire est conséquent. Plus de 600 études ont été menées dans 50 cliniques est-allemandes jusqu’en 1989 et la Chute du Mur de Berlin.

C’est dans des documents du ministère est-allemand de la Santé, ainsi que de l’Institut allemand des médicaments que Der Spiegel a déterré le scandale. Ces dossiers font même état du décès de certains patients, suite à ces essais.

Des cobayes testés à leur insu

Les dossiers mis au jour par l’hebdomadaire allemand font état de deux morts près de Magdebourg lors des essais pour un médicament contre la tension organisés par Sandoz, aujourd’hui racheté par le groupe suisse Novartis.

Deux autres décès à Berlin-Est concernent des essais pour le Trental. Ce médicament, améliorant la circulation sanguine, a été développé par le groupe ouest-allemand Hoeschst. Depuis, ce dernier a fusionné avec Sanofi.

Ce qui suscite également l’indignation dans cette affaire, c’est que bien souvent, les patients étaient dans l’incapacité d’accepter ces essais.

Der Spiegel décrit le cas de trente bébés prématurés sur lesquels un groupe ouest-allemand a testé de l’EPO ou des personnes alcooliques en pleine crise de delirium tremens a qui on a administré du Nimodipin (un produit améliorant la circulation sanguine cérébrale).

400 000 euros par étude, mais à quel prix?

Ces dérives dans l’Allemagne communiste des années 80 ont déjà été pointées du doigt par Der Spiegel dès 1991. A cette époque, les difficultés financières de la RDA l’ont conduit à accepter des pratiques douteuses, encouragées par les laboratoires de l’Ouest.

Ces grands groupes pharmaceutiques offraient jusqu’à 400.000 euros par étude. Un apport financier important pour l’Est, et un vivier de cobaye à moindre coût pour l’Ouest.

Alizée Golfier