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Etats-Unis: Trump a sollicité le Premier ministre australien pour discréditer l'enquête Mueller 

Donald Trump et Scott Morrison dans l'Ohio, aux Etats-Unis, le 22 septembre 2019.

Donald Trump et Scott Morrison dans l'Ohio, aux Etats-Unis, le 22 septembre 2019. - Saul Loeb - AFP

Lors d'un récent échange téléphonique, Donald Trump aurait demandé au Premier ministre australien d'aider son ministre de la Justice à rassembler des éléments dans le but de discréditer l'enquête de Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Sous la menace d'une procédure de destitution, Donald Trump tente de s’en sortir par tous les moyens. Selon le New York Times, le président américain a récemment demandé au Premier ministre australien, Scott Morrison, de l'aider à rassembler des informations qui permettraient de discréditer l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Cet échange téléphonique, confirmé par le gouvernement australien, a eu lieu la semaine dernière, peu avant l’arrivée de Scott Morrison aux Etats-Unis, rapporte The Guardian.

"Eclairer les sujets sous le coup d'une enquête"

Dans un communiqué, un porte-parole du gouvernement australien affirme que Canberra est "toujours prêt à aider et à coopérer avec les efforts permettant d'éclairer les sujets sous le coup d'une enquête. Le Premier ministre a de nouveau confirmé cette disposition dans une conversation avec le président" américain.

Cette entente entre les deux pays renforce encore les soupçons d'une utilisation de la puissance diplomatique américaine à des fins politiques personnelles. Cette révélation intervient en pleine tempête ukrainienne. Dans cet autre dossier, un lanceur d’alerte accuse Donald Trump d’avoir exercé des pressions sur son homologue ukrainien pour qu'il mène des investigations sur Joe Biden, son possible adversaire à la présidentielle de 2020. Le Congrès américain mène actuellement une enquête sur ce sujet.

Piqué au vif et conscient que ces multiples affaires pourraient avoir un impact sur la présidentielle qui aura lieu dans 400 jours, Donald Trump multiplie les attaques. Ce week-end, il a retweeté les propos d'un prédicateur baptiste du Texas, Robert Jeffress, l'un de ses plus fervents partisans.

Celui-ci assure que "si les démocrates réussissent à contraindre le président à quitter son poste, cela entraînera une fracture digne de la guerre civile dont notre pays ne guérira jamais".

"Répugnant"

Si, dans l'ensemble, les élus républicains font pour l'heure bloc derrière lui, l'un d'eux, Adam Kinzinger, représentant de l'Illinois, a fait part de son indignation. "Je n'aurais imaginé qu'une telle phrase puisse être répétée par un président", a-t-il tweeté. "C'est au-delà du répugnant". L'ancien sénateur républicain Jeff Flake, farouche détracteur de Donald Trump, a appelé les élus de son parti à, enfin, donner de la voix.

"Mes amis républicains, le temps est venu de mettre votre carrière dans la balance au nom de vos principes", a-t-il écrit dans une tribune publiée lundi dans le Washington Post. "Notre pays aura d'autres présidents. Mais les principes, eux, ne sont pas interchangeables".

Ambre Lepoivre avec AFP