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Selon le compte-rendu de leur appel, Trump a bien demandé au président ukrainien d'enquêter sur Biden

La Maison Blanche a publié ce mercredi le compte-rendu de l'appel entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le soupçon est confirmé: Donald Trump a bel et bien demandé au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, d'enquêter sur son rival démocrate Joe Biden, ancien vice-président des États-Unis de Barack Obama et candidat à la primaire de son parti pour l'élection présidentielle de 2020.

Le fils de Joe Biden, Hunter, a travaillé pour un groupe gazier ukrainien en 2014, à l'époque où son père était vice-président. Il a fait partie du comité de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma, un temps visé par une enquête pour corruption, jusqu'à 2019. Hunter Biden n'a toutefois jamais été inquiété.

Ces révélations, d'abord faites par le Washington Post et le New York Times, sont désormais confirmées par la publication officielle du compte-rendu de la conversation entre les deux dirigeants par la Maison Blanche.

Cet appel téléphonique a eu lieu le 25 juillet, et le texte indique qu'il ne s'agit toutefois pas d'une reprise mot à mot de l'ensemble de la conversation mais un retranscription issue de prise de notes.

"Ce serait formidable si vous pouviez vous pencher dessus"

"On parle beaucoup du fils de Biden et du fait que Biden ait arrêté l'enquête et beaucoup de gens veulent en savoir plus sur le sujet, donc cela serait formidable si vous pouviez vous pencher dessus", dit Donald Trump à Volodymyr Zelensky lors de cet échange.

Donald Trump propose à cette occasion à son homologue ukrainien de travailler en coopération avec son avocat Rudy Giuliani, "un homme très respecté" et avec le ministre américain de la Justice Bill Barr et précise que les deux juristes vont se mettre en contact avec lui prochainement.

Trump nie avoir exercé des pressions

Les médias soupçonnaient Trump d'avoir exercé des pressions sur le président ukrainien, en conditionnant sa demande au versement d'une aide militaire de près de 400 millions de dollars gelée quelques jours avant l'échange, et débloquée le 12 septembre.

"Il n'y a pas eu la moindre pression", a réagi Donald Trump ce mercredi, après la publication du contenu de l'échange téléphonique. "C'est probablement la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire américaine (...) C'est une honte.

Un mystérieux lanceur d'alerte au coeur de l'affaire

Toute cette affaire a éclaté lorsqu'un mystérieux lanceur d'alerte, membre des services de renseignement américains, a fait en août un signalement à sa hiérarchie concernant une conversation téléphonique de Donald Trump avec Volodymyr Zelensky.

Ce lanceur d'alerte est prêt à témoigner devant une commission du Congrès si les conditions de sécurité sont réunies, a déclaré mardi son avocat, qui a également dit "applaudir la décision de publier le signalement", sans donner plus de précision.

"Nous attendons la publication du signalement dans son intégralité", a ajouté l'avocat dans un communiqué consulté par l'AFP.

Une procédure de destitution initiée

Mardi, les démocrates ont lancé la première étape d'une mise en accusation solennelle de Donald Trump, en initiant une procédure de destitution, qui a néanmoins peu de chances d'aboutir en raison de la majorité républicaine qui siège au Sénat. Jamais aucun président n'a été destitué aux États-Unis.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d'avoir poussé, en mettant dans la balance une aide militaire destinée à l'Ukraine, son homologue ukrainien à enquêter sur Joe Biden et son fils, Hunter.

Avant la publication de la transcription, Donald Trump a admis avoir évoqué Joe Biden avec le président ukrainien, mais démenti avoir exercé des pressions:

"Celui qui a un problème, c'est Biden. Si vous regardez ce qu'il a fait, il a fait exactement ce qu'ils voudraient que j'ai fait, sauf que je ne l'ai pas fait. Ce qu'a fait Biden est une honte".

Une affaire "préoccupante" pour le républicain Romney

Interrogé mercredi par CNN après la publication de la transcription, l'ancien candidat républicain à la présidentielle de 2012, Mitt Romney, a déclaré que cela était "profondément préoccupant", avant de rajouter: "Nous verrons où ça mène".

Clarisse Martin avec AFP