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Élections législatives en Espagne: les socialistes en tête, l'extrême droite fait une percée

Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez, lors des législatives du 10 novembre 2019

Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez, lors des législatives du 10 novembre 2019 - ALEJANDRO MARTINEZ VELEZ / SPUTNIK

C'est la deuxième fois en l'espace de sept mois que les Espagnols étaient appelés aux urnes. Si la droite arrive en deuxième position, le parti d'extrême droite Vox fait une impressionnante percée.

Encore un coup pour rien? Le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez est arrivé ce dimanche en tête des quatrièmes législatives en quatre ans en Espagne, mais sans améliorer ses chances de gouverner, alors que le parti d'extrême droite Vox est devenu la troisième force politique du pays, à la faveur de la crise catalane.

Après le dépouillement de près de 60% des bulletins de vote, le Parti socialiste (PSOE) de Pedro Sanchez, qui espérait obtenir une majorité claire pour mettre fin au blocage politique qui mine le pays depuis 2015, ne compte plus que 120 députés contre 123 après le précédent scrutin, en avril.

L'extrême droite, marginale depuis 1975

Vox, formation ultranationaliste et anti-immigration fondée il y a cinq ans, a poursuivi son ascension et plus que doublé son nombre de sièges avec 52 élus. Elle devient ainsi la troisième force politique d'un pays où l'extrême droite était, avant son irruption, marginale depuis la fin de la dictature de Franco (1939-1975).

Les conservateurs du Parti Populaire (PP, 88 sièges) ont eux redressé la barre après le pire résultat de leur histoire en avril (66 sièges) tandis que la gauche radicale de Podemos (35 sièges) a perdu sept députés et que les libéraux de Ciudadanos ont subi une gifle (10 députés contre 57 en avril).

La crise catalane au cœur des préoccupations

Vox a bénéficié de l'émoi suscité par la crise en Catalogne qui a dominé la campagne après les nuits de violences ayant suivi la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

Ancien membre du Parti Populaire (PP, conservateur), son chef Santiago Abascal a martelé son discours virulent sur la Catalogne prônant l'interdiction des partis séparatistes, la suspension de l'autonomie de la région et l'arrestation de son président indépendantiste Quim Torra. Il s'en est aussi vivement pris aux immigrés illégaux qu'il accuse d'une prétendue hausse de la délinquance.

En face, les partis indépendantistes catalans ont consolidé leur représentation: à trois, ils totalisent 23 sièges (contre 22 en avril) sur les 42 qui étaient en jeu en Catalogne.

Durant la campagne, Pedro Sanchez a tenté de mobiliser son électorat contre la montée de Vox, qu'il présentait comme un retour du franquisme, en dénonçant la droite qui n'a pas hésité à s'allier avec ce parti pour prendre le contrôle de l'Andalousie, la région plus peuplée d'Espagne, de la région de Madrid, la plus riche, et de la mairie de la capitale.

"L'Espagne a besoin d'un gouvernement progressiste, pour tenir tête au franquisme, aux extrémistes et aux radicaux", a-t-il répété sans relâche. Le résultat de ces élections augure d'une poursuite de l'instabilité politique. 

Jules Pecnard avec AFP