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Ebola: le cap des 5.000 décès est franchi

Malgré les mesures de protection, le personnel de santé est aussi touché par l'épidémie d'Ebola.

Malgré les mesures de protection, le personnel de santé est aussi touché par l'épidémie d'Ebola. - Cellou Binani - AFP

En moins d'un an, le virus Ebola a tué 5.000 personnes selon l'OMS. La fièvre hémorragique touche particulièrement l'Afrique de l'Ouest.

Les chiffres continuent de grimper. L'Organisation mondiale de la santé révèle ce jeudi que le cap des 5.000 morts du virus Ebola vient d'être franchi. L'organisation recense exactement 5.160 décès sur 14.098 cas enregistrés au 9 novembre.

Le virus Ebola provoque des fièvres hémorragiques très violentes. Transmise par contact direct avec des fluides biologiques (sans, selles, vomissements, salive, sécrétions), la maladie débute avec des symptômes grippaux.

L' Afrique de l'Ouest est particulièrement touchée.

La plupart des personnes décédées sont originaires de trois pays: le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée, berceau de cette épidémie. Le niveau de transmission est considéré comme "intense" par l'OMS en Sierra Leone. D'autres pays africains sont également touchés par l'épidémie, des cas ont été recensés au Mali, au Nigéria ou encore au Sénégal. 

Les premières contaminations ont été repérées dans un village reculé de Guinée en décembre 2013. Ces pays font face à des difficultés pour contenir la maladie car ils ne disposent pas de systèmes de santé suffisamment efficaces. Le personnel de santé est d'ailleurs en première ligne. L'OMS indique que 320 membres du personnel de santé sont décédés, sur 564 contaminations. Ces contaminations compromettent encore davantage l'endiguement de la maladie dans les pays touchés en Afrique.

Des cas hors de l'Afrique

Une première épidémie plus contenue avait déjà eu lieu dans les années 70. Mais pour la première fois cette année, des cas ont été signalés hors du continent africain, une dizaine en tout. Les Etats-Unis ont enregistré quatre cas. L'un d'eux, un Libérien de 42 ans, est décédé à Dallas en septembre dernier. Autre cas en Europe, celui d'une aide-soignante espagnole qui a contracté le virus auprès de deux missionnaires malades, soignés dans l'hôpital où elle exerçait. Elle a depuis été guérie et a quitté l'hôpital. 

En France, plusieurs cas suspects ont été signalés, mais aucun avéré. Les autorités françaises ont mis en place un dispositif spécial. Douze hôpitaux sont habilités à recevoir des malades d'Ebola. Ils disposent de salles d'isolement et de mesures d'hygiène spécifiques. Des mesures de sécurité ont également été renforcées dans les aéroports. Des contrôles de températures sont effectués sur les passagers en provenance de Conakry en Guinée.

Absence de traitement

Mais il n'y a pour l'instant pas de vaccin ni de traitement homologué contre la maladie. Des traitements expérimentaux ont pu être administrés à certains patients. C'est le cas de la volontaire de Médecins sans frontières contaminée au Libéria et hospitalisée en France. La jeune femme a depuis été guérie. L'Organisation mondiale de la santé a soumis huit traitements et deux vaccins à 200 experts chargés de les développer. Mais ils ne devraient être disponibles que début 2015.

Selon l'Inserm, de meilleures conditions d'hygiène, des traitements antibiotiques appropriés, une hydratation suffisante et une bonne alimentation permettraient de réduire la létalité de 50% à 20 ou 25%. Des recommandations difficiles à appliquer dans les pays les plus touchés. La Guinée, le Libéria et la Sierra Leone font partie des quinze pays les moins développés au monde.

Carole Blanchard