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Donald Trump se pose en rassembleur lors d'un 4-Juillet atypique

Donald Trump, son épouse et une plaque protectrice devant le Lincoln Memorial, ce 4 juillet.

Donald Trump, son épouse et une plaque protectrice devant le Lincoln Memorial, ce 4 juillet. - TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Donald Trump a livré un discours devant le mémorial dédié à Abraham Lincoln à Washington jeudi à l'occasion de la fête de l'indépendance américaine. Malgré les averses et un certain flottement dans sa vision de la naissance des Etats-Unis, le président a relevé son défi, se posant en rassembleur.

"La démonstration de force militaire a finalement été raisonnable, le discours raisonnable et rassembleur mais parce que c’est Donald Trump, une moitié de l’Amérique trouve qu’il en a trop fait et l’autre moitié, qu’il a été génial". En quelques mots, notre correspondant aux Etats-Unis, Jean-Bernard Cadier, a résumé ce vendredi les enjeux et les craintes autour du discours de Donald Trump tenu la veille à l'occasion d'une fête de l'indépendance américaine atypique à Washington, et le contenu de cette prise de parole.

Cette année, le président des Etats-Unis avait en effet annoncé un défilé militaire et une prise de parole publique pour cette journée si particulière au cœur des Américains, et en principe civile, apolitique et non militaire. L'événement avait suscité ses attentes mais aussi ses détracteurs. Le rendez-vous a finalement pris une tournure plutôt apaisée. 

Patriotique et consensuel 

On redoutait un grand chambardement va-t-en guerre avec procession de tanks? Les blindés sont restés sagement auprès de la tribune, simples éléments de décor. On s'effrayait d'une possible récupération politique dans cette période où déjà s'annonce la prochaine présidentielle? La perspective a été prudemment escamotée. Il est une chose cependant que Donald Trump n'a pu éviter: la pluie qui est tombée sans discontinuer durant son discours, faisant ressortir les vitres pare-balles qui le protégeaient. L'averse n'a toutefois pas perturbé outre-mesure le chef d'Etat. 

Celui-ci a d'abord lancé de manière consensuelle: "La Première dame et moi-même vous souhaitons à chacun d’entre vous une joyeuse fête de l’indépendance à l’occasion de ce 4 juillet véritablement historique. Aujourd’hui, nous nous présentons comme une seule nation avec ce salut si spécial à l’Amérique. Nous célébrons notre histoire, notre peuple et les héros qui ont fièrement défendu notre drapeau, les braves de l’armée des Etats-Unis."

Campagne de recrutement 

Plus tard, Donald Trump, qui a reporté à plusieurs reprises son service militaire durant sa jeunesse avant de se faire purement et simplement réformer, a même mené une brève campagne de recrutement pour les forces armées de son pays: "Aux jeunes Américains partout dans le pays, voici votre chance de rejoindre notre armée et de prendre une très belle décision dans votre vie. Vous devriez le faire !"

Ambitions dans le ciel 

Le président des Etats-Unis a aussi tenu à fixer de hautes ambitions devant les regards américains. Rappelant le cinquantième anniversaire cette année du premier pas de l'Homme sur la lune, il a enchaîné: "Nous serons de retour sur la lune très bientôt et un jour, bientôt, nous irons planter le drapeau américain sur Mars. Ça vient."

Un peu faible en histoire 

Son exposé historique sur la guerre d'indépendance américaine, initiée en 1776 et achevée en 1783 par le traité de Paris, a en revanche connu d'étonnants flottements. Donald Trump s'est en premier lieu, mais encore discrètement, pris les pieds dans le tapis au moment d'évoquer le général britannique Cornwallis et sa défaite face aux Américains et aux Français à Yorktown en mélangeant les deux pour aboutir à un curieux hybride: "Cornwallis de Yorktown".

"L’armée continentale souffrit un hiver amer à Valley Forge, trouva la gloire dans les eaux du Delaware et remporta la victoire promise à Cornwallis de Yorktown", a ainsi déclaré Donald Trump. Mais c'est dans la suite immédiate que ce dernier a perdu de vue le XVIIIe siècle: "Notre armée contrôla les airs, escalada les remparts, s’empara des aéroports. Elle fit tout ce qu’elle avait à faire!"

Les vivats, nourris jusqu'ici, se sont alors fait attendre. 

Robin Verner