BFMTV

Donald Trump met en garde l'Iran, mais se dit prêt à discuter

Donald Trump durant un meeting de campagne, le 9 janvier 2020, à Toledo, dans l'Ohio

Donald Trump durant un meeting de campagne, le 9 janvier 2020, à Toledo, dans l'Ohio - Saul Loeb - AFP

Dans un contexte très tendu entre les Etats-Unis et l'Iran, le président américain a appelé le régime iranien à "ne pas tuer" ses manifestants.

Donald Trump a de nouveau mis en garde l'Iran dimanche contre la répression des manifestations, mais son ministre de la Défense a assuré que le président américain était prêt à discuter avec les dirigeants de la République islamique.

"NE TUEZ PAS VOS MANIFESTANTS", a-t-il tweeté en anglais et en farsi, au lendemain d'un premier message qui exhortait le régime de Téhéran à ne pas commettre "un autre massacre de manifestants pacifiques".

La police iranienne a dispersé samedi des rassemblements d'étudiants dans la capitale iranienne à la mémoire des 176 victimes tuées dans la destruction d'un avion de ligne, mercredi, abattu "par erreur" par l'armée.

"Des milliers de personnes ont déjà été tuées ou emprisonnées par vous, et le monde vous regarde", a écrit Donald Trump. "Plus important, les Etats-Unis regardent."

Le locataire de la Maison Blanche fait référence aux manifestations qui avaient éclaté mi-novembre en Iran après l'annonce d'une forte augmentation du prix de l'essence, faisant plus de 300 morts, selon l'ONG Amnesty International.

Des relations irano-américaines sous tension

La mise en garde du président américain intervient dans un contexte très tendu entre Etats-Unis et Iran, marqué par une escalade depuis l'élimination par les Américains, le 3 janvier, du puissant général Qassem Soleimani.

Mercredi, puis dimanche, les forces armées iraniennes ont tiré des missiles sur des bases abritant des soldats américains en Irak, sans faire de victimes. Mais malgré les tensions, le président américain est toujours prêt à discuter avec l'Iran "sans condition préalable", a déclaré dimanche le ministre américain de la Défense Mark Esper.

Les États-Unis sont prêts à évoquer avec la République islamique "une nouvelle voie, une série de mesures qui feraient de l'Iran un pays plus normal", a expliqué le chef du Pentagone sur la chaîne CBS.

"La menace était imminente"

Dimanche, plusieurs membres de l'administration Trump ont réaffirmé que les informations collectées par le renseignement américain justifiaient bien la décision d'éliminer Qassem Soleimani.

"Elles montraient qu'ils (les Iraniens) s'intéressaient à des installations américaines dans la région et voulaient faire des victimes parmi les soldats, les marins, l'armée de l'air, ainsi que les diplomates", a assuré le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche Robert O'Brien sur la chaîne NBC. "La menace était imminente", a-t-il martelé.

"Une attaque de grande ampleur allait avoir lieu dans les jours à venir", a renchéri Mark Esper sur CBS, "dans plusieurs pays et plus importante que les précédentes, de nature à nous amener à un conflit ouvert avec l'Iran."Président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, le démocrate Adam Schiff a accusé dimanche le gouvernement d'avoir "surestimé et exagéré ce que montrait le renseignement".

Dimanche toujours, Mark Esper a reconnu qu'il n'existait pas d'informations précises indiquant qu'une menace d'attaque pesait sur quatre ambassades américaines, comme l'avait affirmé vendredi Donald Trump.

Plusieurs élus démocrates et quelques républicains ont reproché à Donald Trump de ne pas avoir prévenu le Congrès et demandé son aval avant d'ordonner l'assassinat de Qassem Soleimani. La Chambre des représentants a ainsi adopté jeudi une résolution pour limiter le pouvoir du président américain de lancer des opérations militaires contre l'Iran, un texte qui n'a pas valeur de loi.

Ju. M. avec AFP