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Deux millions de musulmans en pèlerinage à La Mecque

Des pélerins musulmans à proximité de la Kaaba, construction cubique enveloppée d'une lourde étoffe de soie noire brodée au fil d’or, à La Mecque, le 28 août 2017

Des pélerins musulmans à proximité de la Kaaba, construction cubique enveloppée d'une lourde étoffe de soie noire brodée au fil d’or, à La Mecque, le 28 août 2017 - Karim Sahib-AFP

Plus de deux millions de musulmans venus des quatre coins du monde entament ce mercredi le grand pèlerinage à La Mecque: un parcours en plusieurs étapes qui se déroule au cœur de la première ville sainte de l'islam et dans ses environs.

Les autorités saoudiennes ont mobilisé d'importants moyens et se sont dites prêtes à parer à toute éventualité alors qu'il y a deux ans une gigantesque bousculade avait fait près de 2300 morts.

"Chaque fois, ce sont de nouvelles émotions", affirme Tidjani Traoré, consultant dans la fonction publique originaire du Bénin. Au fil des ans, "il y a eu des innovations en terme d'organisation et d'accueil des pèlerins. Aujourd'hui par exemple, les tentes sont climatisées", ajoute-t-il en assurant effectuer son 22e pèlerinage à l'âge de 53 ans.

L'ascension du mont Arafat

De l'esplanade de la Grande mosquée aux sept minarets, les pèlerins convergent à pied vers la Kaaba, construction cubique enveloppée d'une lourde étoffe de soie noire brodée au fil d'or de versets coraniques. C'est dans sa direction que les musulmans du monde entier se tournent pour prier et autour de laquelle les pèlerins effectuent les sept tours rituels (tawâf).

Les fidèles se rendront ensuite à Mina, à cinq kilomètres à l'est de La Mecque, où s'amassent des centaines de milliers de pèlerins avant d'entamer jeudi à l'aube l'ascension du mont Arafat, le moment fort du pèlerinage.

Sur l'esplanade de la Grande mosquée, des brumisateurs rendent la chaleur plus supportable. Assis à l'ombre d'arbres ou de ponts en béton armé, des fidèles attendent patiemment l'appel de la prochaine prière. D'autres, plus téméraires, poursuivent leur marche, protégés par un tapis de prière ou un petit parapluie.

Le retour des fidèles iraniens

Cette année, le pèlerinage est marqué par le retour des fidèles iraniens, absents l'an dernier. La bousculade meurtrière de 2015 avait fait 464 victimes iraniennes et, quelques mois plus tard, Ryad et Téhéran avaient rompu leurs relations après l'exécution d'un dignitaire chiite en Arabie et l'attaque de missions diplomatiques saoudiennes en Iran.

"Assurer la sécurité des pèlerins est notre priorité", a insisté le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Selon lui, plus de 100.000 membres des forces de sécurité ont été déployés sur les différents sites du pèlerinage.

Le hajj intervient aussi dans un contexte de crise diplomatique entre l'Arabie saoudite et ses alliés d'un côté, et le Qatar de l'autre. Les premiers reprochent au petit émirat gazier son soutien à des groupes extrémistes et son rapprochement avec l'Iran, grand rival régional de Ryad.

Le boycott imposé au Qatar depuis le 5 juin, qui comprend notamment la fermeture des liaisons maritimes et aériennes, a empêché de nombreux Qataris de venir au hajj cette année, même si Ryad a assoupli les conditions d'entrée par la voie terrestre à deux semaines du pèlerinage.

C.H.A. avec AFP