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Crise diplomatique avec la Turquie: le Premier ministre néerlandais ne s'excusera pas

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à l'époque Premier ministre) et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le 6 novembre 2012, à Ankara.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à l'époque Premier ministre) et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le 6 novembre 2012, à Ankara. - ADEM ALTAN / AFP

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a exclu dimanche de présenter des excuses de la part de son gouvernement pour avoir expulsé la veille une ministre turque, espérant toutefois calmer la crise diplomatique entre La Haye et Ankara.

Les deux pays campent sur leur position. Alors que la Turquie et les Pays-Bas sont enlisés dans un imbroglio diplomatique devenu une véritable crise durant le week-end, les tensions ne semblent pas près de s'apaiser. Dimanche, le chef du gouvernement néerlandais, Mark Rutte, a fait savoir qu'il ne présenterait pas d'excuses de la part des Pays-Bas à la Turquie.

Deux ministres turcs ont été empêchés de se rendre dans le pays, alors que le gouvernement turc organise des meetings un peu partout en Europe pour promouvoir le "oui" au référendum du 16 avril qui doit statuer sur l'extension des pouvoirs du président Erdogan. Samedi, le ministre des Affaires étrangères a été empêché d'atterrir, puis une seconde ministre a été expulsée du pays. 

"Une demande totalement folle"

"Il est hors de question que des excuses soient faites, ils devraient faire des excuses pour ce qu'ils ont fait hier", a déclaré à l'AFP Mark Rutte dimanche, prenant la parole à La Haye dans le cadre de la campagne pour les législatives prévues mercredi aux Pays-Bas. "C'est une demande totalement impossible et folle", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a qualifié d'"inacceptables" les propos du président Recep Tayyip Erdogan qui avait dénoncé samedi des "vestiges du nazisme" après l'expulsion de la ministre turque de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya qui avait ignoré les demandes néerlandaises à Ankara de ne pas venir à Rotterdam. "Ce pays, comme l'a souligné hier le maire de Rotterdam, a été bombardé pendant la Seconde guerre mondiale par les nazis", a dit Mark Rutte à l'AFP. Alors que des appels à un nouveau rassemblement dimanche soir circulent sur les réseaux sociaux, le Premier ministre a appelé au calme.

"Gardez la tête froide. Vous êtes ici aux Pays-Bas, nous avons une formidable vie en société dans laquelle une énorme partie des Néerlandais d'origine turque (...) est intégrée", a-t-il souligné dans un message à la population.

"Il est crucial d'apaiser les événements"

Le président Erdogan a promis dimanche de faire "payer le prix" aux Pays-Bas. Mais pour Mark Rutte, "il est maintenant crucial de tenter d'apaiser les événements". "Bien sûr, si la Turquie continue de parler de manière incendiaire des Pays-Bas, nous devrons envisager les prochaines démarches à prendre", a-t-il déclaré à la presse. Concernant la ministre turque expulsée, "nous voulions qu'elle reste à distance", a expliqué M. Rutte à l'AFP. "Cela a mené au chaos et aux scènes que nous avons vues hier dans le centre de Rotterdam," a-t-il ajouté.

Dimanche, la crise s'est invitée en France, alors que le ministre turc des Affaires étrangères est venu participer à un meeting électoral pro-référendum à Metz. Un événement condamné par un certain nombre des candidats à la présidentielle, qui ont dénoncé l'autorisation de ce meeting par le gouvernement. 

C.V. avec AFP