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Comment les gilets jaunes se sont invités dans un débat à l'ONU

Réunion du Conseil des Nations Unies sur la situation au Venezuela, le 26 janvier 2019

Réunion du Conseil des Nations Unies sur la situation au Venezuela, le 26 janvier 2019 - SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

En plein débat sur la crise politique vénézuélienne, un diplomate russe s'est interrogé, de manière ironique, sur la nécessité de tenir une réunion du Conseil de l'ONU sur la crise des gilets jaunes.

"Et si on parlait des gilets jaunes au Conseil de sécurité?", a suggéré ce samedi l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia à son homologue allemand Christoph Heusgen, en pleine discussion sur la crise politique au Venezuela. L'échange aigre-doux entre les deux diplomates avait débuté par une adresse directe de l'ambassadeur allemand à son homologue russe, soulignant l'existence d'une "menace potentielle à la paix" justifiant la tenue d'une réunion du Conseil des Nations Unies.

"Que penseriez-vous si la Russie demandait de discuter au Conseil de sécurité de la situation en France? Et des gilets jaunes qui sont descendus dans les rues par milliers encore ce week-end?", a alors rétorqué Vassily Nebenzia. "Je rassure la représentante de la France (Anne Gueguen, ambassadrice adjointe présente), nous n'avons pas l'intention de saisir le Conseil de sécurité de cette situation", a toutefois aussitôt ajouté l'ambassadeur russe.

"Nous demandons de respecter les autorités légitimes, de ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures des pays, de ne pas imposer des solutions de l'extérieur mais d'aider les Vénézuéliens à régler leurs problèmes par des moyens pacifiques", a précisé Vassily Nebenzia.

"Mêlez-vous de vos affaires"

Reprenant la parole sous le regard médusé des autres participants, Christoph Heusgen a regretté que son homologue russe "n'ait pas répondu" à ce qu'il avait dit sur "les violations criantes des droits de la personne".

"Il a parlé de 22.000 manifestants en France mais pas des 3,3 millions de Vénézuéliens qui ont fui leur pays", a relevé le diplomate allemand.

Plus tard, l'intervention du chef de la diplomatie vénézuélienne Jorge Arreaza a aussi donné lieu à l'évocation du mouvement des gilets jaunes en France, qui étaient encore, pour un 11e samedi d'affilée, plus de 20.000 à défiler en France pour réclamer de meilleurs conditions de vie à Emmanuel Macron.

"De quel droit la France et d'autres posent un ultimatum de 8 jours" pour convoquer des élections au Venezuela, s'est insurgé Jorge Arreaza. "Macron, au lieu de se pencher sur les gilets jaunes, vient parler du Venezuela". "Mêlez-vous de vos affaires!", a lancé le ministre vénézuélien l'intention du président français.
Mélanie Rostagnat avec AFP