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Bénin: ce que l'on sait de la disparition de deux touristes français dans le nord du pays

Un soldat de la force Barkhane (photo d'illustration).

Un soldat de la force Barkhane (photo d'illustration). - Daphné Benoit - AFP

Si le quai d'Orsay se refuse toujours à parler d'enlèvement, cette thèse "se précise" confiait une source sécuritaire de la région.

Cela fait maintenant six jours, depuis mercredi passé, que deux Français sont portés disparu dans le parc national de la Pendjari, au Bénin. Ce dimanche, une source gouvernementale confirmait que le corps retrouvé à proximité était bien celui de leur guide, et l'inquiétude était toujours de mise quant à la situation des deux touristes.

"Le corps du guide a pu être formellement identifié" bien qu'il soit "très abîmé" et "défiguré." C'était un guide professionnel bien connu au Bénin. Hier matin (samedi) lorsque les gens du parc l'ont découvert, ils l'ont reconnu malgré l'état très abîmé du corps. Un médecin légiste qui l'a ensuite examiné a estimé que c'était lui à 99%", a ajouté cette même source. 

Chronologie d'une disparition

En milieu de semaine passée, les deux touristes accompagnés de leur guide étaient partis pour un safari dans le parc national. "Ils sont partis le matin et ils devaient revenir au lodge le soir parce qu’on ne doit pas rouler après 19h. Il était plus de 19h mais ils n’étaient pas revenus", détaille à notre antenne Mathieu Yokossipé, trésorier de l’association des guides UGTP.

Les disparus, deux enseignants, arrivés au Bénin il y a une dizaine de jours, avaient visité plusieurs sites dans le sud du pays dont Abomey et Ouidah et devaient s'envoler dimanche soir pour Paris. Selon une source gouvernementale, le parc de "la Pendjari était le bonus de leur séjour".

Comme le souligne une autre source sécuritaire, leur véhicule a été retrouvé dans l'est du Burkina Faso."Un Toyota 4 Runner qui transportait les deux touristes français et leur guide a été retrouvé sans les occupants".

Ils ont disparu mercredi soir et "sont probablement déjà très loin", a confié une autre source sécuritaire à Cotonou.

La piste de l'enlèvement privilégiée? 

Si à l'heure actuelle les autorités françaises se refusent à parler d'enlèvement, le Quai d'Orsay déconseillait pourtant de se rendre dans cette zone du pays, frontalière avec la Burkina Faso, où plusieurs groupes armés terroristes pourraient se cacher.

Récemment, ce dernier pays traquait d'ailleurs des "petites cellules djihadistes dans l’est du pays. Les capitales voisines étaient prévenues du risque d’infiltration d’éléments qui pourraient être tentés de se replier sous couvert de ce massif forestier dense et difficiles à surveiller" de plus de 5000 km, détaille à notre antenne Vincent Hugueux, grand reporter à L’Express et spécialiste de l’Afrique.

A ce stade de l'enquête, les craintes d'un enlèvement dans ce pays jusque-là épargné par l'insécurité grandissante en Afrique de l'Ouest grandissent pourtant. 

Dégradation sécuritaire

La Pendjari, ce parc de 4.700 km2 est l'un des trois parcs de l'ensemble WAP (W, Arly et Pendjari) qui s'étend sur le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, et l'un des derniers sanctuaires de la vie sauvage en Afrique de l'Ouest.

Il fait partie des grands projets de réhabilitation engagé par le Bénin pour son développement économique depuis l'arrivée au pouvoir du président Patrice Talon, en avril 2016. 

Mais sa situation géographique, limitrophe avec le Burkina Faso était une menace constante, qui est désormais réelle: le pays voisin, est confronté à une dégradation de la situation sécuritaire sur son sol depuis 3 ans, avec une accélération alarmante ces derniers mois.

Le Bénin était considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest, une région mouvementée, où opèrent de nombreux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à Daesh, mais les parcs sont des zones très difficiles à surveiller, malgré un fort renforcement des équipe de surveillances, entraînées militairement depuis que African Park a repris la gestion de la Pendjari . 

Hugo Septier avec AFP