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Attentats de Bruxelles: inculpé, Fayçal Cheffou est-il le troisième homme de l'aéroport?

Un homme arrêté jeudi à Bruxelles a été inculpé d'assassinats terroristes: Faycal C.. Il pourrait être le troisième homme impliqué dans les attentats de l'aéroport de Zaventem mardi.

La traque pour "anéantir" le réseau jihadiste à l'origine des attentats de Bruxelles et Paris a enregistré une avancée ce samedi avec l'inculpation d'un suspect susceptible d'être le troisième homme de l'attaque contre l'aéroport de la capitale belge, où une "marche contre la peur" a dû toutefois être annulée.

L'"homme au chapeau"?

Ce suspect, Fayçal C., a été arrêté jeudi, et a été inculpé pour "assassinats terroristes" dans l'enquête sur les attentats bruxellois, a annoncé le parquet fédéral belge. Les enquêteurs ont-ils mis la main sur "l'homme au chapeau", repéré près des deux kamikazes de l'aéroport et recherché depuis mardi? C'est une "hypothèse", confirme à l'Agence France-Presse (AFP) une source proche de l'enquête, en attendant une éventuelle identification formelle.

Cet homme, chapeau sombre et veste claire, poussant un chariot avec un bagage sur les images de vidéosurveillance, était arrivé à l'aéroport mardi matin avec les kamikazes, Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui, tous deux liés aux commandos parisiens du 13 novembre.

Selon les enquêteurs, il avait alors "déposé un grand sac" contenant "la charge explosive la plus importante" avant de quitter les lieux. Mais sa bombe n'avait pas explosé. Un autre suspect non identifié est recherché pour avoir été aperçu avec un sac près du kamikaze du métro bruxellois, Khalid El Bakraoui, le frère d'Ibrahim.

Mohamed Abrini, toujours traqué

Depuis les attentats du 13 novembre, les plus meurtriers jamais commis en France avec 130 morts, et revendiqués comme ceux de Bruxelles par le groupe Etat islamique (EI), un autre Belge, Mohamed Abrini, soupçonné d'avoir joué au moins un rôle logistique, est aussi traqué. Avec plus d'une trentaine d'hommes morts ou arrêtés, le réseau qui a commis les tueries de Paris et de Bruxelles "est en voie d'être anéanti", a assuré vendredi François Hollande.

Mais "il y a d'autres réseaux" et "il y a toujours une menace qui pèse", a prévenu le président français. La France dit en effet avoir déjoué un projet d'attentat "à un stade avancé" en arrêtant jeudi le Français Reda Kriket, un ex-braqueur de 34 ans. Des fusils d'assaut et des explosifs ont été découverts dans un appartement en banlieue parisienne après son interpellation.

Des mouvances qui semblent s'imbriquer

Surtout, là encore, les mouvances jihadistes française et belge semblent s'imbriquer en une seule. Kriket avait été condamné par contumace l'an dernier en Belgique dans le procès d'une filière jihadiste vers la Syrie, dont l'un des principaux prévenus n'était autre que le Belge Abdelhamid Abaaoud, figure des jihadistes francophones de l'EI et un des organisateurs présumés du 13 novembre.

Rabah N., arrêté vendredi à Bruxelles dans l'enquête franco-belge sur cet autre réseau, a également été inculpé par la justice belge pour "participation aux activités d'un groupe terroriste".

Les autorités pointées du doigt

Les autorités belges sont vivement critiquées pour n'avoir pas tout fait pour arrêter les suspects avant qu'ils passent à l'acte. Pour faire, comme promis, "toute la lumière" sur ces réseaux, les enquêteurs franco-belges attendent beaucoup de Salah Abdeslam.

Suspect-clé du 13 novembre arrêté à Bruxelles après plus de quatre mois de cavale au nez et à la barbe de la police belge, il a d'abord fait mine de collaborer tout en minimisant son rôle, avant de se murer dans le silence. La France a demandé qu'il lui soit remis, ce à quoi il ne s'oppose plus après un refus initial.

Le travail d'identification se poursuit

Pendant ce temps, le difficile travail d'identification des victimes - une quarantaine de nationalités au total - se poursuit. Vingt-quatre personnes décédées ont été identifiées à ce stade, dont onze ressortissants étrangers de huit nationalités, a dit samedi la justice belge, parmi lesquels deux Américains, un Français, un Britannique, une Italienne et trois Néerlandais.

Les Belges se réunissent chaque jour depuis mardi place de la Bourse, au coeur de la capitale. Bougies, petits mots écrits à la craie sur la chaussée, distribution de "câlins gratuits" ont transformé la place en mémorial.

C. B avec AFP