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Vol MH370 retrouvé dans l'océan indien: que sait-on?

L'avion qui s'est abîmé dans l'océan Indien est un Boeing 777, comme celui-ci.

L'avion qui s'est abîmé dans l'océan Indien est un Boeing 777, comme celui-ci. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le Premier ministre de la Malaisie a annoncé lundi lors d'une conférence de presse que le Boeing 777 de Malaysia Arlines s'était abîmé dans l'océan Indien. Un tournant capital dans la traque de cet avion.

Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines disparu depuis le 8 mars "est tombé dans le sud de l'océan Indien", a annoncé lundi le Premier ministre malaisien. Si cette révélation marque un tournant dans cette affaire, elle est loin de lever toutes les interrogations sur cette disparition. Le point sur les dernières informations.

> Où l'avion s'est-il abîmé?

Carte montrant  le "couloir sud" privilégié depuis quelques jours pour les recherches.
Carte montrant le "couloir sud" privilégié depuis quelques jours pour les recherches. © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

"Le vol MH370 est tombé dans le sud de l'océan Indien", a déclaré lundi le Premier ministre malaisien, Najib Razak." L'avion s'est donc abîmé comme les derniers repérages satellites le laissaient penser: "au milieu de l'océan Indien à l'ouest de Perth". Le Premier ministre malaisien a aussi précisé qu'il s'agissait d'un "endroit isolé loin de toute piste d'atterrissage". La semaine dernière déjà, les débris du Boeing avaient été repérés dans le couloir sud, justement celui qui était privilégié depuis le début des recherches.

> L'avion lui-même a-t-il été retrouvé?

Non, seuls des débris ont été pour l'instant repérés par satellites et "échos radar". Comme l'explique Gérard Feldzer, consultant aéronautique pour BFMTV, "les débris ne situent pas l'avion, car ils ont pu dériver pendant ces 15 jours". La manœuvre va consister dans les prochains jours à "remonter les courants", explique le spécialiste, pour tenter de situer l'endroit précis où s'est abîmé l'appareil.

> Il y a-t-il des survivants?

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- © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Selon l'annonce effectuée "avec profonds regret et tristesse" du Premier ministre malaisien, il n'y a pas de survivant. Les familles des 239 victimes ont été informées une demi-heure avant la conférence de presse de l'absence. Autre source, selon un texto de la compagnie aérienne envoyé aux familles des victimes: "aucune des personnes à bord n'a survécu".

La compagnie elle-même a adressé ses condoléances aux familles des passagers: "Nos prières vont aux êtres chers, aux 226 passagers et 13 de nos amis et collègues en ces moments atrocement douloureux", a déclaré la Malaysia Airlines.

> Pourquoi les recherches ont-elles pris autant de temps?

Selon Gérard Feldzer,"les Malaisiens ont été surpris par l'ampleur de cet accident et par une gestion de crise qu'ils n'avaient pas l'habitude d'appréhender, les Australiens ont pris la relève des recherches en mer". Le spécialiste souligne également le fait que la zone de recherches couvre "un territoire immense avec peu de visibilité".

> Un scénario est-il privilégié?

Non, il est pour l'heure, impossible de privilégier un scénario plutôt qu'une autre. Tout ce que l'on sait est que l'avion a changé de trajectoire et s'est écrasé à des milliers de kilomètres de la route qu'il était censé prendre. Selon le pilote Jean-Pierre Otelli, la seule certitude est que "l''avion a continué pendant plusieurs kilomètres sur une route décidée par quelqu'un à bord" avant de tomber "parce qu'il n'y avait plus de carburant à bord".

Un avis partagé par l'ancien commandant de bord Jean Serrat. "Pour moi cet avion a été détourné de manière absolument volontaire" a-t-il déclaré lundi sur BFMTV. "Ce n'est pas un avion qui se déplace de manière aléatoire, donc oui cet avion a été détourné de sa route volontairement", a-t-il argué.

Sans confirmation par les autorités, pour l'heure, toutes les thèses déjà évoquées -incident technique, détournement, attentat terroriste- restent envisageables.

> Comment va s'organiser la suite des recherches?

Les recherches vont être perturbées par une très forte tempête qui va arriver sur la zone de recherches dans les 24 heures. "Il va donc être beaucoup plus difficile de repérer les morceaux (de l'avion) à la surface", a expliqué à BFMTV Jean Serrat, ancien commandant de bord.

• Repêcher les débris. L'armada dépêchée sur place va avoir pour première tâche de repêcher les débris et de les identifier formellement. Ceux-ci seront ensuite examinés, notamment pour déterminer si d'éventuelles traces d'explosifs sont présentes.

• Retrouver les boîtes noires. Un autre point crucial pour la suite de l'enquête va être de retrouver et de faire parler les boîtes noires du Boeing 777. "Si on ne retrouve pas les boîtes noires, on ne pourra pas dire ce qui s'est passé", prévient encore le pilote, Jean-Pierre Otelli. Selon lui, ces matériels disposent encore de "15 jours d'émission, mais ce ne sera certainement pas grâce au signal qu'on les retrouvera, il faudra aller fouiller les fonds de l'océan et rien n'est gagné". Le signal de ces équipements possède une portée de seulement six kilomètres.

• Retrouver l'épave. Pour le bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français qui avait dépêché trois enquêteurs sur place à Kuala Lumpur, lancer des recherches sous-marines à ce stade serait prématuré. Il faudrait pour cela définir une zone "plus restreinte" pour se lancer dans une telle entreprise.

Un autre problème est aussi posé par la profondeur de l'océan Indien qui, dans cette zone, oscille entre 2.000 et 4.000 mètres. A l'instar du vol Rio-Paris qui s'était abîmé dans l'océan Atlantique le 1er juin 2009, les recherches pour retrouver l'épave pourraient être longues. Deux ans avaient été nécessaires, à l'époque pour retrouver la carcasse de cet avion.

David Namias avec AFP