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Vol MH370: les experts sceptiques sur les débris retrouvés

La Chine est en possession d'images satellite d'un ou plusieurs objets flottant qui pourraient appartenir au Boeing 777 de Malaysia Airlines.

La Chine est en possession d'images satellite d'un ou plusieurs objets flottant qui pourraient appartenir au Boeing 777 de Malaysia Airlines. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La Chine a découvert, sur des images satellites, de nouveaux objets flottants, débris potentiels du vol MH370. Devant ces nouvelles informations, les experts, échaudés à plusieurs reprises restent prudents.

Nouveaux objets, nouveaux espoirs. Les objets repérés sur les images satellites dans le couloir sud de l'océan Indien par la Chine peuvent-ils appartenir au Boeing 777, disparu il y a maintenant 15 jours? Les experts, tout comme les autorités chinoises restent très prudents.

> Retrouver l'épave: une "mission impossible"

Les nouvelles images de la Chine situent les objets flottants dans le couloir sud de l'océan Indien. Un lieu privilégié par les experts selon lesquels l'avion n'aurait pas pu voler au-dessus de la Chine ou d'ex-républiques soviétiques sans être détecté. Mais les avis se contredisent.

Si selon Jean Serrat, ancien commandant de bord joint par BFMTV, "les endroits où ont été trouvés des objets flottants correspondent à la limite maximale d'autonomie de l'avion", plusieurs spécialistes se méfient. Le journaliste spécialisé dans l'aéronautique Michel Polacco doute de ces images. Les objets ont été repérés "extrêmement au sud de l'océan Indien, qui n'est pas une zone privilégiée pour rechercher cet avion".

L'ancien commandant de bord Gérard Arnoux parle même de "mission impossible" pour retrouver l'engin. "Quand bien-même ces débris seraient ceux de l'avion, la force des courants dans la région est telle que les débris sont aujourd'hui à 2.000 kilomètres du point de chute. Pour retrouver l'épave, c'est quasiment mission impossible", précise-t-il avec méfiance.

> La taille des objets en cause

Jean Serrat et Michel Polacco s'étonnent de la taille des objets repérés. "C'est possible que ce soit un rassemblement de débris ou éventuellement un morceau de fuselage qui se serait ouvert. Mais 22 mètres de long, 13 mètres de large, c'est une dimension qui ne correspond pas à celle des ailes d'un avion ni à celle de la dérive", pointe le journaliste Michel Polacco.

Sans compter la très faible définition des images des satellite qui ne permettent pas d'identifier les objets.

> La piste du détournement toujours privilégiée

L'hypothèse du détournement reste la plus vraisemblable. "Si l'avion s'est perdu dans le corridor sud, le seule explication que j'y verrais, c'est une tentative de détournement qui aurait mal tourné, avec la mort des pilotes et l'avion poursuivant son dernier cap, jusqu'à épuisement du carburant", souligne le pilote Gérard Arnoux sur BFMTV.

Michel Polacco soutient la même idée. "On est évidemment sur une piste de détournement terroriste, mais aussi éventuellement sur une piste d'un détournement lié à un acte pathologique", poursuit-il à l'antenne de BFMTV. A son tour, l'ancien commandant Jean Serrat insiste sur des détails troublants. Il reste persuadé que cette disparition est l'oeuvre de professionnels.

"Nous sommes certains qu'il s'agit d'un détournement prévu à l'avance, coordonné par des gens qui savent exactement ce qu'ils font", insiste-t-il. "L'avion, au départ, se met à cheval sur la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie sans déborder sur l'une ou sur l'autre. Il vire vers la droite et longe toute la frontière verticale entre la Malaisie et la Thaïlande de manière à effrayer personne", reprend-il.

> Le temps, l'ennemi de la boîte noire

L'espoir de trouver des réponses s'éloigne avec le temps. "Les batteries de la boîte noire sont en train de s'épuiser", explique Jean Serrat. Or, il faudrait retrouver des morceaux "le plus tôt possible pour remonter à l'avion". La boîte peut émettre pendant un mois et demi avec de la chance. Mais trop profonde, elle est difficilement repérable.

"Il faudrait envoyer immédiatement des bateaux sur place avec des sondeurs qui puissent aller très profond", indique-t-il. L'idéal serait de cibler l'endroit où a coulé l'avion pour retrouver l'épave, mais l'hypothèse de ne jamais remettre la main dessus est envisageable.

Magali Rangin et Laure Beaudonnet