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Un Français sur le point d’être exécuté en Indonésie

Sabine et son époux, Serge Atlaoui, dans le couloir de la mort en Indonésie.

Sabine et son époux, Serge Atlaoui, dans le couloir de la mort en Indonésie. - Bay Ismoyo - AFP

Après le rejet de la grâce présidentielle, il ne reste qu'un recours à Serge Atlaoui pour échapper à son exécution. Ce Français originaire de Metz est détenu dans le couloir de la mort en Indonésie depuis près de dix ans. Désormais, ses jours sont comptés.

Il est l’un des rares Français au monde à se trouver dans un couloir de la mort.Serge Atlaoui, accusé par l’Indonésie d’avoir participé à un trafic de drogue, risque d’être exécuté dans les prochains jours, en toute légalité selon les lois en vigueur dans ce pays.

Originaire de Metz, cet artisan-soudeur âgé de 50 ans avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire d’ecstasy, près de Jakarta. Pour près de 2.000 euros de salaire hebdomadaire, Serge Atlaoui venait d’accepter de travailler au noir dans une "fabrique d’acrylique" à 60 kilomètres de la capitale, où il réparait des machines. Une couverture qu’il n’a découverte que lors de son deuxième voyage en Indonésie. Trop tard.

Rejet de la grâce présidentielle

En novembre 2005, la police découvre le laboratoire illégal et le démantèle lors d’un raid. Serge Atlaoui est depuis incarcéré en Indonésie, où il a été condamné à la peine capitale en 2007. Le 29 janvier dernier, le nouveau président indonésien, Joko Widodo, a rejeté sa demande de grâce. Ses proches craignent désormais une accélération de la procédure d’exécution.

"Je suis en contact avec lui par l'intermédiaire d'une cabine téléphonique qui se trouve à l'intérieur de la prison. Il est sur le qui-vive, il sait très bien que du jour au lendemain on peut venir le chercher", confie son épouse sur RTL.

Dernier recours : une révision du procès

Depuis le rejet de la grâce présidentielle, Sabine Atlaoui, mère de quatre enfants, est sortie de son silence. Il ne reste désormais plus qu’un recours pour éviter à son mari de mourir fusillé: une demande de révision du procès, qui devrait être déposée ce lundi. "Je n'ai pas de délai pour l'espoir, je vais aller jusqu'au bout, je suis déterminée […]. J'ai ce besoin de reconnaissance pour mon mari, quoi qu'il arrive cette vérité sortira".

En 2008, l’Indonésie avait cessé les exécutions de prisonniers, avant d'appliquer à nouveau la peine capitale. Ainsi, un prisonnier européen a été exécuté le 18 janvier dernier, et dix hommes ont été fusillés depuis 2013. Dans ce contexte, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a annoncé qu’il se rendrait cette semaine en Indonésie, pays où la législation anti-stupéfiants est l’une des plus sévères au monde. Il y plaidera pour une suspension de la procédure, mais le temps presse. Le nom de Serge Atlaoui apparaît désormais chaque jour dans les journaux, au sein de la liste des prochains à être exécutés. Selon France Info, plusieurs articles évoquent la date du 15 février.

A. Dt