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Violation du traité nucléaire INF: pour Moscou, les accusations américaines sont "sans fondement"

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. - Yuri KADOBNOV / AFP

Mercredi, la Russie a dénoncé les accusations de Washington affirmant qu'elle viole le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF).

Moscou a dénoncé mercredi les accusations "sans fondement" de Washington, qui affirme que la Russie viole un traité de 1987 sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) et menace en retour de ne plus le respecter.

"Des accusations sans fondement sont répétées", a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova alors que Washington a donné mardi 60 jours à la Russie pour se conformer à ce traité, faute de quoi les Etats-Unis se retireront de l'accord.

"Aucune preuve qui soutiendrait les accusations américaines n'a été apportée", a poursuivi Maria Zakharova lors d'un briefing, décrivant le traité INF comme un "point clef de la stabilité et de la sécurité stratégique internationale".

Risques importants pour la sécurité euro-atlantique

Mardi soir, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a annoncé, à l'issue d'une réunion avec ses homologues de l'Otan, que "nous suspendrons nos obligations dans 60 jours, à moins que la Russie ne respecte ses obligations de manière vérifiable".

L'Otan a ensuite adopté une déclaration dans laquelle elle accuse Moscou d'avoir violé le traité et de faire peser des risques importants sur la sécurité euro-atlantique.

"Nous appelons la Russie à revenir sans délai à un respect total et vérifiable. Il appartient à présent à la Russie de préserver le traité INF", est-il indiqué dans la déclaration.

Le délai de 60 jours correspond à la prochaine réunion des ministres de la Défense de l'Otan les 14 et 15 février 2019.

Conséquences dangereuses

Donald Trump avait annoncé fin octobre le retrait des Etats-Unis du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), bannissant les missiles nucléaires d'une portée allant de 500 à 5.000 kilomètres, conclu avec la Russie en 1987.

Vladimir Poutine avait immédiatement averti qu'un tel retrait pourrait avoir des conséquences dangereuses. "Si tous ces accords sont démantelés (...) Il ne restera rien à part la course aux armements", a-t-il mis en garde.

Washington se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constituerait une violation du traité INF de 1987.

Ce traité, en abolissant l'usage de toute une série de missiles, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

B.L. avec AFP