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Rencontre Ianoukovitch-Poutine à Moscou: l'opposition ukrainienne inquiète

Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, le 13 décembre à Kiev.

Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, le 13 décembre à Kiev. - -

Le président ukrainien rend visite, ce mardi, à son homologue russe Vladimir Poutine, pour des discussions axées sur l'économie. Mais ce déplacement survient en pleine crise ukrainienne et l'opposition pro-européenne a encore appelé à manifester dans la capitale, Kiev.

Une rencontre sur fond de vives tensions. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch est attendu ce mardi à Moscou pour une visite axée sur l'économie. Une visite très redoutée par l'opposition à Kiev, qui conteste depuis plus de trois semaines son refus de signer un accord d'association avec l'Union européenne.

Ce déplacement intervient au surlendemain d'une nouvelle manifestation monstre d'opposants, à Kiev, dont la résolution "interdit" au chef de l'Etat de signer des accords en vue de l'adhésion dans l'Union douanière d'ex-républiques soviétiques pilotée par Moscou.

Rassemblement de l'opposition à l'heure de la rencontre

L'opposition appelle à un grand rassemblement mardi à 16 heures GMT, au moment où Viktor Ianoukovitch doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine, accusé par les Européens d'avoir exercé des "pressions économiques inacceptables" sur l'Ukraine, pour qu'elle renonce à l'association avec l'UE.

Face aux atermoiements du pouvoir ukrainien, le commissaire européen à l'Elargissement, Stefan Fuele, a annoncé dimanche que les discussions en vue d'un accord d'association avec l'Ukraine étaient suspendues, faute d'"engagement clair" de Viktor Ianoukovitch à signer ce document.

Accord sur le gaz?

L'opposition ukrainienne, qui accuse le président de "vendre l'Ukraine à la Russie", a affirmé que celui-ci pourrait céder à la Russie le système de gazoducs du pays, pour obtenir un rabais sur le prix du gaz. "Nous recevons des informations selon lesquelles le président peut obtenir un rabais sur le prix du gaz russe en échange des gazoducs ukrainiens, une composante stratégique de l'économie ukrainienne", a déclaré lundi soir Vitali Klitschko, l'un des dirigeants de l'opposition.

"Nous ne voulons pas que les intérêts nationaux soient trahis", a-t-il poursuivi. Les autorités ukrainiennes sont embourbées dans une crise politique inédite depuis la Révolution orange de 2004, née du refus fin novembre de Viktor Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'Union européenne, pourtant prévu de longue date, y préférant un rapprochement avec la Russie.

L'Union douanière pas à l'ordre du jour

Le chef de l'Etat a fait valoir que cet accord, vu d'un très mauvais oeil par Moscou, aurait des conséquences désastreuses pour l'économie de l'Ukraine, déjà en récession et au bord de la faillite, et très dépendante de son puissant voisin. Cette décision a poussé des centaines de milliers d'Ukrainiens pro-européens à descendre dans la rue.

Plusieurs accords devraient être signés mardi à Moscou, mais aussi bien les autorités ukrainiennes que russes ont affirmé que l'adhésion de l'Ukraine à l'Union douanière n'était pas à l'ordre du jour de cette visite.

A.S. avec AFP