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Russie

L'Ukraine se dit "indignée" par les accusations "injustes" d'Amnesty International de mise en danger des civils

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kouleba, en Bulgarie, le 19 avril 2022

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kouleba, en Bulgarie, le 19 avril 2022 - Nikolay DOYCHINOV - AFP

L'ONG a accusé l'armée ukrainienne d'établir des bases militaires dans des écoles et des hôpitaux et de lancer des attaques depuis des zones habitées. Kiev dénonce une campagne de "désinformation".

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, s'est dit ce jeudi "indigné" par les accusations "injustes" de l'ONG Amnesty International, qui a reproché à Kiev de mettre en danger des civils dans le cadre de la guerre avec Moscou.

"Je suis indigné tout comme vous par le rapport d'Amnesty International. Je le considère comme injuste", a dit Dmytro Kouleba dans un commentaire par vidéo publié sur Facebook.

Dans ce rapport publié ce jeudi après une enquête de quatre mois, l'ONG a accusé l'armée ukrainienne d'établir des bases militaires dans des écoles et des hôpitaux et de lancer des attaques depuis des zones peuplées, une tactique qui viole selon elle le droit humanitaire international.

Kiev accuse l'ONG de "créer une fausse réalité"

Dmytro Kouleba a accusé en retour Amnesty International de "créer un faux équilibre entre l'oppresseur et la victime, entre le pays qui détruit des centaines et des milliers de civils, de villes, de territoires et le pays qui se défend désespérément".

"Cessez de créer cette fausse réalité, où tout le monde est un peu coupable de quelque chose et commencez à rapporter systématiquement la vérité sur ce que la Russie représente réellement aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Peu auparavant, le conseiller de la présidence ukrainienne Mykhaïlo Podoliak avait assuré que "les vies des gens" étaient "la priorité" et que les populations des villes proches du front étaient évacuées.

Rien qui justifie les "attaques russes aveugles" pour Amnesty

Mykhaïlo Podoliak a accusé Amnesty de participer à une "campagne de désinformation et de propagande" au service des arguments du Kremlin.

Si Amnesty a dénoncé ces tactiques ukrainiennes, l'ONG insiste sur le fait qu'elles ne "justifient en aucun cas les attaques russes aveugles" qui ont frappé les populations civiles.

L'ONU s'était inquiété fin mars de vidéos montrant des violences et des abus à l'encontre de prisonniers de guerre, à la fois par des troupes russes et ukrainiennes, demandant que "tout mauvais traitement" prennent fin "immédiatement.

Jeudi soir, Oksana Pokalchuk, à la tête d'Amnesty International en Ukraine, a dans un long post Facebook critiqué ce rapport de l'ONG, affirmant qu'elle a été écartée de sa production et que "les arguments de notre équipe (...) n'ont pas été pris en compte."

J.D. avec AFP