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Assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov: deux suspects arrêtés

Manifestation en l'honneur de Boris Nemtsov à Saint-Pétersbourg, le 1er mars 2015.

Manifestation en l'honneur de Boris Nemtsov à Saint-Pétersbourg, le 1er mars 2015. - Olga Maltseva - AFP

Les deux hommes arrêtés samedi seraient originaires du Caucase. Ils pourraient être liés au récent meurtre de l'opposant russe Boris Nemtsov.

Deux suspects on été arrêtés samedi en Russie dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de l'opposant Boris Nemtsov, dont l'assassinat le 27 février au pied du Kremlin a provoqué un choc en Russie et de nombreuses réactions à travers le monde.

Les deux suspects s'appellent Anzor Goubachev et Zaour Dadaïev, et semblent originaires du Caucase russe, a annoncé à la télévision d'Etat Alexandre Bortnikov, à la tête des services de renseignement russes, le FSB. Le président russe Vladimir Poutine "a été prévenu", a-t-il précisé, ajoutant que l'enquête se poursuivait. Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir "participé à l'organisation et la mise à exécution de l'assassinat" de Boris Nemtsov, a déclaré le porte-parole du Comité d'enquête Vladimir Markine.

Citant une source proche du dossier, les agences de presse russes ont indiqué que les deux suspects étaient détenus dans la prison moscovite de Lefortovo, administrée par le FSB.

4 balles dans le dos

Abattu de quatre balles dans le dos le 27 février au pied du Kremlin, Boris Nemtsov, 55 ans, était l'un des principaux opposants au pouvoir russe, dont il dénonçait notamment la corruption et l'implication dans le conflit ukrainien.

Physicien de formation, élu au début des années 1990 gouverneur de Nijni Novgorod, puis appelé au gouvernement à Moscou, il avait occupé le poste de vice-Premier ministre chargé du secteur énergétique sous la présidence de Boris Eltsine, qui avait un temps songé à en faire son dauphin avant de lui préférer en 1999 celui qui était alors le chef du FSB: Vladimir Poutine.

Son meurtre, vendredi sur un pont situé à deux pas du Kremlin, a provoqué les condamnations de nombreux pays à travers le monde et choqué l'opposition russe, qui s'apprêtait à mener une manifestation contre le Kremlin. La marche avait finalement été transformée en rassemblement en hommage à Boris Nemtsov, avec plusieurs dizaines de milliers de participants, un chiffre rappelant les grandes manifestations organisées en 2011 et 2012 contre le président Vladimir Poutine.

Celui-ci, qui a qualifié l'assassinat de l'opposant de "provocation", a promis que tout sera fait pour que "les organisateurs et exécutants de ce crime lâche et cynique reçoivent le châtiment qu'ils méritent".

A. G. avec AFP