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Armes chimiques: Moscou fait le parallèle avec "l'aventure en Irak"

Les experts de l'ONU se préparent à commencer dès lundi leur enquête sur place sur les allégations d'usage d'armes chimiques près de Damas, à la suite du feu vert donné par le gouvernement syrien.

Les experts de l'ONU se préparent à commencer dès lundi leur enquête sur place sur les allégations d'usage d'armes chimiques près de Damas, à la suite du feu vert donné par le gouvernement syrien. - -

La Russie rappelle les événements d'il y a dix ans où les Etats-Unis "se sont lancés dans une aventure", prenant pour prétexte "des informations mensongères sur la présence en Irak d'armes de destruction massive".

La Russie met en garde dimanche les Occidentaux, qui appellent au recours à la force contre le régime syrien de Bachar al-Assad, contre une répétition de "l'aventure" en Irak. 

"Tout cela ne peut que nous rappeler les événements d'il y a dix ans, quand, en prenant pour prétexte des informations mensongères sur la présence en Irak d'armes de destruction massive, les Etats-Unis, en contournant l'ONU, se sont lancés dans une aventure, dont tout le monde connaît maintenant les conséquences", déclare le porte-parole de la diplomatie russe dans un communiqué.

Pour leur part, les Etats-Unis ont "très peu de doutes" quant à l'utilisation le 21 août par le régime syrien d'armes chimiques, indique un responsable américain. Il juge en outre pas "crédible" l'accès proposé par Damas à des enquêteurs de l'ONU sur le site de l'attaque présumée, dans la banlieue de la capitale syrienne.

"Ne pas commettre d'erreur tragique"

Plus tôt, la Russie s'était dite "satisfaite" de l'accord donné par Damas à une enquête de l'ONU sur les allégations d'usage d'armes chimiques et avait appelé ceux qui envisageraient une option militaire en Syrie à ne pas commettre d'"erreur tragique".

"Nous appelons vigoureusement ceux qui, en essayant à l'avance d'imposer aux experts de l'ONU les résultats de leur enquête, évoquent la possibilité de mener une opération militaire en Syrie, à faire preuve de bon sens et à ne pas commettre d'erreur tragique", a déclaré le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch, dans un communiqué.

Alexandre Loukachevitch a par ailleurs accusé les Occidentaux d'ignorer "une multitude de faits montrant que cette action était une provocation de l'opposition radicale", et accusé Paris et Londres d'avoir bloqué l'envoi d'une mission en Syrie pour enquêter sur l'usage d'armes chimiques, selon elle, par les rebelles syriens, le 19 mars près d'Alep.

L. B. avec AFP