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Rejet du recours de Serge Atlaoui: que va-t-il se passer maintenant pour le Français?

Après le rejet, par la justice indonésienne, de l'ultime recours de Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue, faut-il s'attendre à une exécution imminente de ce ressortissant français de 51 ans?

C'est un nouveau revers judiciaire pour Serge Atlaoui. La Cour administrative de Jakarta a rejeté, ce lundi, le dernier recours du Français condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue. Incarcéré depuis dix ans dans ce pays d'Asie du Sud-Est, Serge Atlaoui, 51 ans, contestait le refus du président indonésien de lui accorder une grâce après sa condamnation en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue, et réclamait que la justice examine son dossier au fond. Une demande qui a donc été refusée. Dès lors, que va-t-il se passer pour Serge Atlaoui? BFMTV.com fait le point sur les scénarios possibles.

> Vers de nouveaux recours? 

La décision de la Cour n'a rien de surprenant. Elle était même attendue dans la mesure où des recours semblables introduits par d'autres condamnés à mort dans le pays ont déjà été rejetés par le passé par cette juridiction.

Mais les avocates indonésiennes de Serge Atlaoui ne comptent pas s'arrêter là. "Nous sommes déçus par cette décision mais nous allons recourir à d'autres actions légales, puisque le responsable de la juridiction administrative a dit que le dernier appel devra être entendu devant la Cour", a déclaré l'avocate Nancy Yuliana, sans toutefois être en mesure de préciser quelle serait la prochaine initiative.

> Une exécution imminente?

Malgré cette nouvelle défaite judiciaire, l'exécution de Serge Atlaoui n'est pas prévue dans l'immédiat. Et ce d'autant plus que l'Indonésie, pays musulman, est en plein ramadan. Le porte-parole du parquet général, après avoir salué la décision de la Cour, a ainsi écarté le spectre de nouvelles exécutions imminentes.

"C'est le mois sacré, je crois que ce ne serait pas une sage décision de procéder à des exécutions pendant le ramadan", a-t-il ainsi commenté. Avant de poursuivre: "Nous allons devoir examiner ce qui va se passer". Le jeûne du ramadan, débuté le 18 juin, doit s'achever à la mi-juillet.

Par ailleurs, les fortes tensions ayant suivi les dernières mises à mort semblent avoir freiné l'Indonésie, où la question de nouvelles exécutions n'est plus abordée. La vague d'exécutions du 29 avril dernier, au cours de laquelle huit condamnés à mort, dont deux Australiens, un Brésilien, quatre Africains et un Indonésien, ont été fusillés, a en effet provoqué de vives protestations, à l'échelle mondiale.

> Une nouvelle mobilisation française à venir

Après l'annonce de ce rejet de la justice indonésienne, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, a déclaré sur France 2 que "la mobilisation de la diplomatie française est totale pour sauver Serge Atlaoui". "Je veux redire notre détermination à nous battre contre la peine de mort partout dans le monde et, évidemment, sauver la vie de notre compatriote", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a pour sa part indiqué dans une déclaration qu'il s'entretiendrait très rapidement avec l'épouse de Serge Atlaoui. "Jusqu'à la dernière minute, il y a de l'espoir. Il faut rester mobilisé. Comme nous l'avons déjà été par le passé, nous appelons toutes les forces politiques en France, en Europe, à se mobiliser", a également commenté le fondateur de l'association Ensemble contre la peine de mort, Michel Taube, sur BFMTV.

En avril dernier, la France avait multiplié les pressions diplomatiques pour faire annuler l'exécution de Serge Atlaoui, initialement prévue en même temps que les autres, le 29 avril. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait notamment écrit en avril à son homologue indonésienne en déplorant de "graves dysfonctionnements de la justice indonésienne" dans l'affaire Atlaoui.

Adrienne Sigel, avec AFP