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Pakistan: au moins 31 morts dans un attentat suicide de Daesh près d'un bureau de vote

Les alentours d'un bureau de vote de  la ville de Quetta ont été dévastés par l'attaque d'un kamikaze, le 25 juillet

Les alentours d'un bureau de vote de la ville de Quetta ont été dévastés par l'attaque d'un kamikaze, le 25 juillet - BANARAS KHAN / AFP

Le pays, qui organise des élections législatives dans un climat tendu, est victime d'une vague importante d'attentats qui visent pour la plupart des lieux de vote ou de réunions politiques.

Au moins 31 personnes ont été tuées et 70 blessées mercredi, le jour des élections législatives au Pakistan, dans un attentat suicide revendiqué par Daesh près d'un bureau de vote de Quetta (sud-ouest du pays). Hashim Ghilzai, haut responsable de l'administration locale, a déclaré à l'Agence France Presse que le kamikaze "a essayé d'entrer dans le bureau de vote et quand la police a tenté de l'arrêter, il s'est fait exploser".

Le bilan, dans un premier temps de 28 morts et 35 blessés, est désormais de 31 personnes tuées, dont cinq policiers et une fillette de huit ans, et 70 blessés, a déclaré le Dr Wasim Baig, porte-parole de l'hôpital Sandeman de Quetta, la capitale de la province Baloutchistan, où les attentats sont fréquents, chiffres confirmés par un policier.

Le processus électoral a repris

"Soudainement, il y a eu une énorme explosion. Et ensuite des cadavres, du sang, des cris, partout", a raconté Mehmood Khan, 18 ans, allé voter pour la première fois avec ses amis, dont deux ont péri dans l'attentat. Arrivé à proximité du bureau de vote, "j'ai été jeté à terre. Je pensais que j'allais mourir", a dit Hafiz Kareem, 40 ans, un enseignant dans une école coranique, interrogé de son lit d'hôpital.

D'après l'un des responsables de la police de Quetta, Abdul Razzaq Cheema, le processus électoral, a repris une fois les morts évacués et les blessés transportés à l'hôpital, alors que sur la scène de l'attentat, des flaques de sang et des chaussures appartenant aux victimes jonchent le sol.

"La vie continue"

L'un de ses voisins a tenté, en vain, de dissuader Abdul Razzaq d'aller voter après l'attentat, a expliqué cet homme de 50 ans tout en faisant la queue, ajoutant que "les attaques continuent de se produire mais la vie continue".

Revendiqué par Daesh sur Amaq, son agence de propagande, l'attentat s'est produit au moment même où un scrutin tendu se déroulait au Pakistan pour élire le prochain Parlement.

Importante vague d'attentats

Il a été précédé tôt mercredi par une attaque à la grenade dans un bureau de vote du district de Khuzdar, également au Baloutchistan, qui a provoqué la mort d'un policier tandis que trois autres ont été blessés.

La ville de Quetta avait déjà été endeuillée à la mi-juillet par un autre attentat suicide, qui avait fait au moins 153 morts au cours d'une réunion électorale à Mastung, à une quarantaine de kilomètres de la capitale provinciale. Daesh avait là aussi revendiqué l'attentat.

Frontalier de l'Iran et de l'Afghanistan, le Baloutchistan est la province la plus pauvre du Pakistan, malgré des gisements d'hydrocarbures et de minéraux, mais aussi la plus instable. En plus de groupes séparatistes baloutches, des insurgés islamistes tentent d'infiltrer cette région, par ailleurs l'une des principales zones de violences entre communautés.

L.D., avec AFP