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Irak: Daesh revendique l'assassinat d'un candidat aux législatives

Photo prise le 8 juillet 2017 à Mossoul, dans le nord de l'Irak, lors de la reconquête de la ville par les forces irakiennes au détriment du groupe jihadiste Etat islamique (EI)

Photo prise le 8 juillet 2017 à Mossoul, dans le nord de l'Irak, lors de la reconquête de la ville par les forces irakiennes au détriment du groupe jihadiste Etat islamique (EI) - AHMAD AL-RUBAYE, AFP/Archives

Daesh menace de s'en prendre aux électeurs irakiens lors du scrutin législatif le 12 mai prochain.

Le groupe Daesh a revendiqué ce lundi, pour la première fois depuis le début de la campagne, l'assassinat d'un candidat aux législatives irakiennes du 12 mai, dans la région de Mossoul (nord).

Tué par balles à son domicile

Dans un communiqué publié sur Telegram, Daesh a revendiqué l'assassinat de Farouq Zarzour al-Joubouri, candidat sunnite sur la liste emmenée par le vice-président Iyad Allawi.

Il a été tué par balles à son domicile situé dans cette région de Mossoul, qui fut le plus important bastion de Daesh en Irak, a précisé un responsable administratif local.

"Des hommes armés non identifiés ont assassiné lundi à l'aube" ce candidat de la liste "Alliance nationale", a déclaré Salah al-Joubouri, responsable local à Qayyarah, à 70 kilomètres au sud de Mossoul. "Ils l'ont abattu par balles après s'être introduits chez lui".

Dans son communiqué, l'organisation jihadiste affirme avoir tué le candidat qu'elle qualifie de "mécréant".

Premières élections depuis la victoire de Bagdad

Chassé de toutes les zones qu'il contrôlait en Irak fin 2017, Daesh a toutefois menacé fin avril d'attaquer les bureaux de vote et de s'en prendre aux électeurs et candidats lors des législatives de samedi 12 mai.

Dans un message audio, le 23 avril, le porte-parole de Daesh, Aboulhassan al-Mouhajer, avait menacé d'attaquer les bureaux de vote et de s'en prendre aux électeurs lors du scrutin législatif.

Il s'adressait particulièrement aux musulmans sunnites irakiens pour les dissuader de participer aux élections, les premières depuis la proclamation en décembre par Bagdad de la victoire sur Daesh.

Plusieurs candidats assassinés

"Ô sunnites (...) nous savons que le gouvernement de Rafida ("mécréants", terme péjoratif par lequel les salafistes désignent les chiites, majoritaires dans le pays) est sur le point d'appeler à des élections. Notre jugement s'appliquera à ceux qui y appellent et y participent", avait affirmé le porte-parole de Daesh.

Les organisations extrémistes sunnites se sont toujours opposées aux élections depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, multipliant les attentats lors des scrutins.

Salah al-Joubouri, qui se présentait pour la première fois à des législatives, n'est pas le seul candidat à avoir perdu la vie ces dernières semaines.

Fin avril, Nejm al-Hasnoui, candidat de la liste de l'Etat de droit emmenée par l'autre vice-président, Nouri al-Maliki, avait été mortellement touché par des tirs alors qu'il tentait une médiation dans un conflit tribal à Bagdad.

M. F. avec AFP