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Le séisme au Népal a fait plus de 4.000 morts

Des secours regardent un immeuble sérieusement endommagé par le séisme, le 26 avril, à Katmandou, au Népal.

Des secours regardent un immeuble sérieusement endommagé par le séisme, le 26 avril, à Katmandou, au Népal. - Prakash Mathema - AFP

Le séisme qui a frappé le Népal samedi matin a fait plus de 4.000 morts, dont deux Français, et plus de 6.500 blessés, selon un dernier bilan communiqué ce lundi. Sur place, les secours s'activent toujours pour retrouver des victimes et de potentiels survivants dans les décombres.

Un bilan qui n'en finit pas de s'alourdir. Munis d'équipements spéciaux et accompagnés de chiens renifleurs, des secouristes du monde entier arrivent ce lundi à Katmandou pour prêter main forte à des habitants démunis, privés pour beaucoup de leur logement après le violent séisme qui a fait 4.010 morts à travers le pays, dont deux Français. 

> 4.010 morts et plus de 7.500 blessés

Le tremblement de terre de magnitude 7,8, qui a frappé le pays samedi, a fait 4.010 morts et plus de 7.500 blessés au Népal même - le plus meurtrier depuis 80 ans -, selon un nouveau bilan communiqué ce lundi par le ministère népalais de l'Intérieur. En Inde voisine, les autorités ont fait état de 67 morts. En Chine, au moins 20 personnes ont été tuées.

Le tremblement de terre a également déclenché une avalanche sur le mont Everest, où une vague de neige comparée par un survivant à un "immeuble blanc de 50 étages", a déferlé sur le camp de base.

Dix-huit décès ont été confirmés dans le massif où se trouvaient en ce début de saison d'alpinisme un millier de personnes, dont de nombreux étrangers, selon les estimations de responsables locaux.

> Deux Français tués, 676 toujours recherchés

Un couple de Français a trouvé la mort dans un éboulement à Katmandou, a indiqué le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, ce lundi matin.

"Ce matin, en liaison avec nos équipes sur place, j'ai fait le point sur la situation de nos compatriotes et sur la mobilisation de l'aide française. Nous avons pu localiser 1.400 Français sains et saufs, et nous venons notamment de retrouver un groupe de huit treckeurs à propos duquel nous avions de vives inquiétudes", a ainsi annoncé Laurent Fabius, au cours d'un point presse organisé au Quai d'Orsay.

"Malheureusement, le décès de deux de nos compatriotes français qui étaient en vacances et qui ont été tués à Katmandou par un éboulement est confirmé", a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agit d'un couple, et que l'un de ces deux ressortissants travaillait au cabinet de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. "Une dizaine de Français sont blessés et nous sommes encore sans nouvelles de 676 de nos compatriotes en raison notamment des difficultés de communication dans le pays. Nous cherchons activement à les localiser en liaison avec les tour-opérateurs car beaucoup d'entre eux étaient en vacances".

> Répliques et fortes pluies

Comme pour rajouter au désastre, les répliques, dont certaines très violentes, se sont succédé dimanche. A Katmandou, des dizaines de milliers d'habitants ont passé une nouvelle nuit dehors, sous des tentes de fortune.

Le sol tremble encore régulièrement et beaucoup n'avaient pas fermé l'oeil de la nuit, d'autant que de fortes pluies se sont abattues sur la ville. "Nous n'avons pas le choix. Notre maison n'est pas solide. La pluie coule sur nous mais que pouvons-nous faire?", demandait Rabi Shrestha, un commerçant de 34 ans qui campait sur le bord de la route. 

La situation difficile des rescapés est encore aggravée par les coupures de courant et la fragilité des réseaux de communication, qui sont au bord de l'implosion. Les autorités népalaises ont expliqué qu'elles faisaient leur maximum pour venir en aide aux régions isolées les plus proches de l'épicentre du séisme, à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Katmandou.

> Les fouilles des décombres se poursuivent

En annonçant le dernier bilan du désastre, ce lundi, un responsable du service de gestion des catastrophes a souligné que les secouristes tenteraient aussi de dégager les personnes prises au piège dans les décombres des immeubles effondrés.

En particulier, la tour historique de Dharhara, l'une des attractions touristiques majeures de la capitale sur la place du Durbar, n'est plus que ruines.

D'après la police, qui se fonde sur la billetterie, environ 150 personnes visitaient la tour blanche de neuf étages, dotée d'un escalier en spirale de 200 marches et surmontée d'un minaret de bronze datant du XIXe siècle, lorsqu'elle s'est écroulée. Au moins 30 corps ont été extraits des décombres tandis que plus de 20 blessés ont pu être secourus. "Nous n'avons pas fini de travailler dans la tour", a commenté un porte-parole de la police.

> Les ONG à pied d'oeuvre

Les secouristes népalais reçoivent le renfort de centaines d'humanitaires venus de pays comme la Chine, l'Inde ou les Etats-Unis. Environ 70 Américains sont ainsi en route pour le Népal alors que Washington a annoncé le déblocage d'une première enveloppe d'un million de dollars.

Londres a annoncé 5 millions de livres, le Canada 5 millions de dollars et l'Union européenne 3 millions d'euros. Cette aide doit servir à financer du matériel de première urgence comme l'eau potable, les médicaments, les abris provisoires. L'Inde a dépêché 13 avions militaires chargés de tonnes de nourriture et de couvertures.

Des ONG françaises, comme Médecins du Monde (MDM), Handicap International et Action contre la Faim ont déjà des équipes à pied d'oeuvre. Les hôpitaux sont débordés, les médecins mobilisés 24 heures sur 24 pour soigner les blessés dans des conditions très difficiles. Des chirurgiens ont dû opérer dans des théâtres de fortune érigés sur des parkings. Les morgues arrivaient, elles, à saturation.

Le Népal, à l'instar de toute la région himalayenne, où se rencontrent les plaques tectoniques indienne et eurasienne, est une région à forte activité sismique. En août 1988, un séisme de magnitude 6,8 avait fait 721 morts dans l'Est du Népal. En 1934, un tremblement de terre de magnitude 8,1 avait tué 10.700 personnes au Népal et en Inde.

A.S. avec AFP