BFMTV

Indonésie: le recours de Serge Atlaoui devra encore attendre

Serge Atlaoui avec son avocate Nancy Yuliana, le 1er avril 2015.

Serge Atlaoui avec son avocate Nancy Yuliana, le 1er avril 2015. - Romeo Gacad - AFP

INFO BFMTV - Son exécution suspendue à un recours administratif, le Français sera finalement fixé sur son sort le 13 mai. La diplomatie française multiplie au plus haut niveau les initiatives pour contester la marche de la justice indonésienne, alors que sept condamnés ont déjà été exécutés dans la même affaire de trafic de drogue présumé, à la fin du mois d'avril.

MISE A JOUR - Prévu ce jeudi, l'examen du recours de Serge Atlaoui par la justice indonésienne aura finalement lieu le 13 mai. Selon nos information, son avocate ne s'est pas présentée au rendez-vous.

On pouvait penser que le dernier recours en date de Serge Atlaoui, condamné à la peine capitale pour trafic de drogue en Indonésie, était son ultime chance d'échapper à la mort. Ce jeudi, la vie du Français est encore suspendue à un recours administratif qui sera examiné dans la journée, a indiqué son avocate, Nancy Yuliana. La Cour administrative de Jakarta a fixé l'audience à ce jeudi 7 mai, a déclaré l'avocate, sans autre précision. Dans ce recours, Serge Atlaoui, 51 ans, conteste l'absence de motivation dans la décision du président indonésien Joko Widodo, quand celui-ci a rejeté sa demande de grâce.

Il était initialement prévu que le Français soit exécuté avec huit autres condamnés à mort pour trafic de drogue - deux Australiens, un Brésilien, quatre Africains et un Indonésien. Les huit hommes ont été passés par les armes le 29 avril. Serge Atlaoui s'était dit "anéanti" par cette vague d'exécutions alors qu'il "espérait que les condamnés soient sauvés comme lui l'a été", avait déclaré son épouse Sabine. Elle avait souligné "la torture psychologique" à laquelle était soumis son mari face, notamment, aux saillies médiatiques du procureur général d'Indonésie Muhammad Prasetyo.

Laurent Fabius s'engouffre dans une autre brèche juridique

Mais les autorités indonésiennes avaient invoqué la procédure contre l'absence de motivation du rejet de la grâce présidentielle pour justifier le retrait au dernier moment du Français condamné en 2007 à la peine capitale de même que huit autres hommes dans cette affaire. 

Une loi indonésienne prévoit cependant que tous les condamnés dans une même affaire doivent être exécutés en même temps. Ce point a été soulevé par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un courrier adressé en avril à son homologue indonésienne, dans lequel il a relevé de "graves dysfonctionnements de la justice indonésienne".

Trafiquant ou piégé par des trafiquants?

Incarcéré depuis 10 ans, Serge Atlaoui affirme qu'il n'a fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique, et qui abritait en réalité une fabrique clandestine d'ecstasy.

Le Français avait demandé un procès en révision devant la Cour suprême, mais son recours avait été rejeté en avril. Il avait ensuite saisi le tribunal administratif pour contester le rejet de grâce présidentielle. Ce tribunal a rejeté sa demande, avant qu'il ne saisisse la Cour administrative. En cas de nouveau rejet, la décision peut être contestée.

D. N. avec AFP