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Disparition du vol AirAsia: comment sont surveillés les avions?

Le vol QZ8501 d'AirAsia a disparu dimanche des écrans radars après avoir décollé de l'île de Java.

Le vol QZ8501 d'AirAsia a disparu dimanche des écrans radars après avoir décollé de l'île de Java. - Juni Kriswanto - AFP

Des corps et des débris de l'avion d'AirAsia, disparu dimanche des écrans radars en Indonésie, ont été retrouvés en mer de Java mardi. Un nouvel accident qui, après la mystérieuse disparition du vol MH370,  relance le débat sur le traçage des avions.

Comment un Airbus transportant plus d'une centaine de personnes peut-il subitement disparaître des écrans radars? Dimanche, à 5h20 heure locale, les contrôleurs aériens ont perdu contact avec le vol QZ8501 d'AirAsia environ une heure après son décollage de l'aéroport international de Juanda, sur l'île indonésienne de Java. Les débris ont finalement été localisés ce mardi et les premiers corps repêchés. Le 8 mars dernier, un Boeing de la Malaysia Airlines disparaissait lui aussi des écrans radars après avoir décollé de Kuala Lumpur. Comment des appareils bardés de technologie et de capteurs peuvent-ils s'évaporer? Eléments de réponse.

> Un avion est-il toujours sous surveillance?

Au-dessus de la France métropolitaine, de l'Europe et de l'Amérique du Nord, oui. Mais en dehors de ces zones de trafic très dense, les avions ne sont pas suivis minute par minute. Il existe de larges zones blanches. Pourquoi? Tout simplement car il n'y a pas de radars civils au-dessus des zones peu hospitalières, comme le centre de l'Australie, l'Amazonie, et surtout au-dessus les océans.

Les radars de trafic, qui suivent les avions en temps réel, sont en effet installés à terre, et leur portée se limite à 500 km, explique Science&Vie. Pour un vol Paris-New York de 8h par exemple, un avion circule en zone non couverte par les radars pendant 3h. On l'a vu aussi avec le vol AF 447 Rio-Paris, qui a disparu en juin 2009 pendant la traversée d'une zone blanche au milieu de l'Atlantique.

> Comment peut-on alors déterminer la position d'un avion?

Toutes les demi-heures, ou toutes les heures, le pilote doit entrer en contact avec le contrôleur aérien. L'avion envoie un signal par radio haute-fréquence, qui permet de recalculer sa route, sa vitesse de croisière, sa position, ainsi que les prochains points de contrôle terrestre où le pilote est censé contacter les contrôleurs. Le système ACARS (Aircraft communication addressing and reporting system) permet également d'envoyer des informations techniques via des sortes de SMS aéronautiques. Des échanges limités, qui ne contiennent pas toujours la position GPS de l'appareil. Il peut donc y avoir jusqu'à une heure entre deux points de contrôle. Un intervalle de temps où l'appareil parcourt plusieurs centaines de kilomètres, ce qui explique qu'il peut être ensuite très difficile de déterminer où il a disparu.

> Qui effectue les contrôles?

Il existe en France trois types de contrôles différents: le contrôle d'aérodrome (décollage et atterrissage), le contrôle "d'approche" (phases de montée et de descente) et le contrôle "en route" (phase de croisière). Le contrôle d'aérodrome, comme son nom l'indique, est effectué à l'aéroport, depuis la tour de contrôle et parfois au sol. Les contrôleurs d'approche eux gèrent le trafic depuis leurs écrans radars. Le "contrôle en route" est réalisé au sein d'un des cinq Centres en route de navigation aérienne (CRNA), chapeauté par le ministère de la Défense. Ces contrôleurs suivent la trajectoire des avions jusqu'à 300 km des côtes, et ce sont ensuite les autres pays qui prennent le relai. Dans le cas du vol QZ8501, les communications ont été rompues alors que l'appareil était suivi par les contrôleurs aériens indonésiens.

> Le pistage partout en temps réel sera-t-il un jour possible?

Des outils de suivis complets sont à l'étude depuis le crash du vol Rio-Paris d'Air France. Les technologies par radars ou satellites existent, mais l'industrie aéronautique ne veut pas assumer leur coût élevé. Les compagnies aériennes veulent "éviter d'agir maintenant", dans l'espoir "qu'à la fin des années 2020 les systèmes fondés sur l'utilisation des satellites soient meilleurs, plus rapides et moins coûteux", explique un consultant en aviation basé aux Etats-Unis. Peu probable donc les compagnies équipent les avions de systèmes de pistage en temps réel, à moins qu'ils ne deviennent obligatoires, comme cela a été le cas pour l'industrie maritime. Le suivi en temps réel des bateaux a été rendu obligatoire en 1988.

Juliette Deborde