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Rencontre entre les deux Corées: les trois étapes du rapprochement

Les deux dirigeants sud-coréen et nord-coréen se sont rentrés vendredi 27 avril.

Les deux dirigeants sud-coréen et nord-coréen se sont rentrés vendredi 27 avril. - AFP

Les choses sont allées rapidement entre les deux Corées: il a fallu moins de six mois pour que les dirigeants des deux pays acceptent de se rencontrer.

L'image est historique: vendredi, les dirigeants des deux Corées se sont rencontrés et ont promis d'œuvrer à la dénucléarisation en promettant qu'il n'y aurait plus de guerre sur la péninsule. Kim Jong-un est le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée, qui s'est achevée en 1953 sans qu'un traité de paix soit signé.

> Un nouveau président sud-coréen en 2017

C'est d'abord l'élection du président sud-coréen, Moon Jae-in, qui relance l'hypothèse d'un rapprochement avec la Corée du Nord: élu le 9 mai 2017, le s'est dit prêt à se rendre en Corée du Nord. Certes critique du régime "dictatorial" de Kim Jong-Un, il est favorable à un rapprochement "pour réaliser un jour la réunification pacifique". Un positionnement à rebours de ses prédécesseurs conservateurs Lee Myun-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017). La politique dite du "rayon de soleil" de rapprochement intercoréen, reprend après avoir pris fin en 2007. Par la même occasion le président sud-coréen marque sa différence avec les Etats-Unis. Les conditions d'un rapprochement sont posées.

Pourtant, l'été est explosif. La Corée du Nord multiplie les essais nucléaires et balistiques et affirme maîtriser la bombe H. Fin novembre, elle affirme même être capable de frapper "la totalité du continent américain". Les menaces américaines s'enchaînent et les avertissements sont très directs: Donald Trump promet même de "détruire la Corée du nord" s'il le faut.

> Des Jeux olympiques inédits

Le discours du Nouvel An de Kim Jong-Un est une réponse à ces menaces: pour la première fois, il évoque la possibilité d'envoyer une délégation nord-coréenne aux jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du sud. Dès lors, les choses vont très vite: la Corée du sud réagit positivement à cette initiative, et propose une offre de dialogue au Nord. Kim Jong-Un décide alors de rétablir le téléphone rouge entre les deux pays. La communication avait été coupée à plusieurs reprises, au gré des regains de tensions entre les deux pays. Sa réouverture est donc un préalable à la reprise des discussions.

En février, les JO ont lieu. Skieurs et patineurs nord-coréens arrivent en Corée du sud sous le regard curieux des caméras. Surveillés de près, ils sont maintenus à l'écart dans le village olympique. La symbolique, elle, est bien là: les deux Corées présentent même une équipe de hockey sur glace féminin unifiée. La Corée du Nord a même envoyé des artistes et des pom-pom girls. Pour accompagner cette délégation, la sœur de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, est du voyage et franchit la frontière: aucun membre de la dynastie ne l'avait fait depuis la fin de la guerre en 1953. La visite dure trois jours, et Kim Yo-jong rencontre même le président sud-coréen.

> Le tweet de Trump

C'est la surprise générale: le 9 mars, après que Kim Jong-un a fait part de son désir de rencontrer le président américain, le conseiller à la sécurité nationale de Corée du Sud, Chung Eui-yong, présent à la Maison Blanche, affirme que Donald Trump est d'accord pour rencontrer le dirigeant nord-coréen. "Donald Trump a déclaré qu'il rencontrerait Kim Jong-un en mai afin d'aboutir à la dénucléarisation permanente" de la péninsule, dit-il.

S'en suit un tweet du président américain, qui confirme la rencontre. La date et le lieu exacts ne sont pas confirmés, et il faudra encore régler de nombreux problèmes d'organisation. Mais l'annonce est historique. Et après le sommet intercoréen de ce vendredi, cette rencontre marquera une deuxième étape capitale.

Ariane Kujawski