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Corée du Nord: le belliqueux Kim aura peut-être sa guerre

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un (photo d'illustration).

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un (photo d'illustration). - -

Pour l'instant les puissances occidentales restent froides aux menaces toujours plus importantes du dictateur nord-coréen kim Jong-un. Mais cela pourrait ne pas durer. L'analyse du spécialiste géopolitique de BFMTV.

Il entretient ce genre d'illusion - le traitement d'égal à égal n'est qu'une illusion - car son père l'entretenait, alors que leur aïeul Kim Il-sung non. Le fondateur était bien installé entre l'URSS et la Chine populaire, et avait la reconnaissance oh combien prestigieuse de ces deux-là. Aujourd'hui rien de cela, alors le pouvoir nord-coréen cherche l'adoubement des mains de l'ennemi qu'il ne voudrait plus avoir comme ennemi!

L'irrationnel Kim Jong-un a réussi à se transformer en problème international de premier plan. Il ne verbalise pas ce qu'il souhaite obtenir, bien que l'on sache dans les milieux spécialisés que Kim Jong-un, comme son père Kim Jong-il, veut une reconnaissance diplomatique américaine de leur régime, et un traitement d'égal à égal. Pas forcément une guerre.

Dialectique de l'intimidation du faible au fort

Le plus jeune dictateur du monde ne comprend pas la diplomatie géostratégique occidentale. Son gouvernement veut la fin des sanctions qui pèsent sur le régime, la liberté de voyager, de commercer, en un mot de vivre... pour la nomenklatura uniquement. Il veut mériter ce privilège par l’intimidation pure, aucune faiblesse, uniquement le rapport de force.

Kim Jong-il avait bien compris la dialectique de l'intimidation du faible au fort: il menaçait sans cesse de "réduire Tokyo en flammes", et pourtant le Premier ministre le plus nationaliste des 20 dernières années, Junichiro Koizumi, se rendit à Pyongyang en 2002! La poignée de main Koizumi-Kim Jong-il s'ensuivit. Même si par la suite Koizumi se brouilla avec Kim (Jong-il), car ce dernier voulait bien rendre des Japonais kidnappés par des agents secrets nord-coréens des décennies auparavant, à condition qu'ils revinssent finir leur vie en Corée du Nord! Koizumi osa jeter le rapprochement aux orties. Un bel exemple de la futilité nord-coréenne de surjouer son avantage sans cesse, sans relâche, sans faille.

Les Occidentaux ne supporteront pas longtemps ces menaces

Voici Kim Jong-un aujourd’hui, énigmatique, qui menace les ambassades dans son pays: il ne pourra plus "assurer leur sécurité après le 10 avril"! Va-t-il déclarer la guerre? Car aucun de ses ennemis ne va l'attaquer de son propre chef, c'est évident. Et les diplomates ne vont pas être évacués, pas tout de suite, leurs capitales ne montrent aucune panique. La communauté internationale démontre ainsi à Kim qu'il est trop irresponsable pour savoir commencer une guerre, ce qui est une gifle élégante à ce mégalomane de 29 ans.

Mais cette surenchère permanente mènera à la ruine, plus vite que l'on croit. Car si les gouvernants occidentaux n'ont aucune appétence pour une guerre, ils ne voudront pas tolérer indéfiniment les menaces sans cesse plus létales du régime Kim: le jeune Jong-un a un programme de missiles en bonne marche, et la bombe atomique, ce qui le place loin devant l'Iran. L'Occident, avec la Corée du Sud et le Japon, va dire stop, ce jour viendra, et c'est Kim qui l'aura précipité. Plus nous sommes indécis aujourd'hui, plus le réveil sera soudain et sans appel. Alors Kim, le dictateur post-adolescent et ses généraux psychorigides auront quelques heures pour disparaître, par la fuite ou la mort tragi-héroïque dans leur délire.

Harold Hyman