BFMTV
Asie

Corée du Nord: les Japonais achètent de plus en plus d'abris anti-atomiques

Une plaque signalant un abri anti-atomique, le 9 août 2017 à Washington DC, aux Etats-Unis. (Photo d'illustration)

Une plaque signalant un abri anti-atomique, le 9 août 2017 à Washington DC, aux Etats-Unis. (Photo d'illustration) - Mark Wilson - Getty Images North America - AFP

Inquiets de la détérioration des relations entre la Corée du Nord et la communauté internationale, les Japonais investissent de plus en plus dans des abris pour se protéger des attaques nucléaires.

A l'aune des tirs de missiles balistiques toujours plus fréquents de la Corée du Nord, les Japonais se préparent à une hypothétique attaque. Distant d’un peu plus de 1000 kilomètres, voisin immédiat de l’autre côté de la mer du Japon, le pays du Soleil-Levant serait en effet une cible privilégiée en cas d’escalade militaire.

Ainsi, depuis plusieurs mois, les ventes d’abris anti-atomiques connaissent une croissance constante. En avril dernier déjà, l'entreprise Oribe Seiki Seisakusho, basée à Kobe, indiquait à Reuters avoir reçu huit commandes, contre six d’ordinaire à cette époque de l’année. Ils étaient également en rupture de stock de purificateurs d’air, censés protéger des radiations et des gaz dangereux, après en avoir vendu 50.

Ces deux derniers mois, l’entreprise a reçu deux fois plus de commandes que sur toute l'année 2016. Un vendeur implanté à Osaka assure également au Guardian avoir vendu plus d’une douzaine d’abris ces deux derniers mois, soit deux fois ce qu’il vendait d’ordinaire en un an.

"La plupart de nos clients s’inquiètent des retombées nucléaires d’une attaque nord-coréenne", déclare le directeur de l’entreprise au quotidien britannique. "Je pense que nous devrions avoir des abris partout au Japon. Les gens se plaignent du coût, mais les plus petits ne coûtent pas plus cher qu’une voiture familiale."

Environ 200.000 euros pour un grand abri

Chez Oribe Seiki Seisakusho, un abri pour une dizaine de personnes coûte quand même presque 200.000 euros. Sa directrice, Nobuko Oribe, précise toutefois qu’il existe une limite au nombre de personnes pouvant construire un abri, "et que le gouvernement ne les construira pas pour eux".

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a ravivé les peurs en avril, en affirmant que la Corée du Nord pourrait avoir les compétences techniques pour armer ses missiles balistiques de gaz sarin.

Des craintes entretenues par un spot de 30 secondes diffusé à la télévision, qui demande à la population de s’abriter dans des immeubles à l’air solide, de se réfugier sous terre ou de s’allonger face contre terre et de rester loin des fenêtres en cas d’attaque. Plusieurs villes ont également mené des exercices d’évacuation, une pratique récurrente depuis que certains des missiles nord-coréens ont atterri dans les eaux japonaises.

Liv Audigane