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Respirer à Pékin équivaut à fumer 40 cigarettes par jour

La ville de Pékin sous son brouillard de pollution (illustration)

La ville de Pékin sous son brouillard de pollution (illustration) - AFP

Respirer l'air de Pékin pendant une journée est aussi nocif que de fumer deux paquets de cigarettes. C'est ce qu'affirme une étude exclusive pilotée par une ONG américaine. La pollution atmosphérique de la capitale chinoise inquiétait, mais ces résultats sont pires que prévu.

A Pékin, quand le ciel devient bleu, on crie au miracle. C’est que la capitale chinoise s’est bâtie une solide réputation en matière de pollution atmosphérique. Le ciel jaunâtre, le brouillard permanent et les gorges qui piquent n’étonnent plus grand monde.

Polluée, certes, mais dans quelle mesure? Difficile à dire: jusqu’à aujourd’hui, les seules mesures disponibles émanaient des autorités chinoises et présentaient une version officielle plutôt rassurante.

Des résultats catastrophiques 

"Jusqu’à aujourd’hui", car l’ONG Berkeley Earth vient de publier les résultats d’une étude qui décrit une situation catastrophique: respirer à Pékin équivaut à fumer 40 cigarettes (deux paquets) par jour.

Dans son rapport, Richard Muller, directeur scientifique de Berkeley Earth, explique ainsi avoir contourné les pare-feux des autorités chinoises pour télécharger les données de qualité de l’air toutes les heures pendant quatre mois en 2014. Les résultats sont effrayants: durant cette période, 92% de la population chinoise a été exposée pendant plus de 120 heures à des concentrations de particules fines considérées comme toxiques selon les normes environnementales américaines. Muller estime ainsi que la pollution atmosphérique est responsable de 1,6 millions de morts par an en Chine, soit 17% des décès enregistrés.

La question de l'air chinois, un serpent de mer

La question de la respirabilité de l’air chinois n’est pas nouvelle. La récente explosion d’un entrepôt de produits toxiques à Tianjin a relancé un débat qui avait émergé en 2008: devant l’inquiétude des délégations olympiques, Pékin avait ainsi mis en place un grand plan anti-pollution à l’approche des Jeux, fermant des usines et coupant la circulation automobiles dans certaines zones de la ville.

Des mesures dont l’impact s’était ressenti sur place, et récemment validées par une étude démontrant que les bébés nés pendant l’été 2008 étaient nés sensiblement plus gros que ceux nés à la même époque en 2007 et 2009. La situation est donc réversible, mais pourrait s’avérer incompatible avec les intérêts commerciaux chinois.

En attendant, les pékinois doivent se résigner à respirer leurs deux paquets de cigarettes quotidiens. Une bonne nouvelle dans ce nuage de fumée: la cigarette, la vraie, a récemment été bannie des rues de la capitale.

François de La Taille