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La France déroule le tapis rouge au président chinois

François Hollande a accueilli Xi Jinping mercredi 26 mars lors d'une cérémonie aux Invalides.

François Hollande a accueilli Xi Jinping mercredi 26 mars lors d'une cérémonie aux Invalides. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

François Hollande a accueilli Xi Jinping mercredi lors d'une cérémonie aux Invalides, à Paris. Le président chinois est en visite d'Etat en France de trois jours au cours de laquelle il devrait notamment signer de nombreux contrats.

La Cour des Invalides, la Marseillaise, l'hymne chinois et une revue des troupes. Le président chinois a eu droit à belle une cérémonie d'accueil aux Invalides, à Paris, mercredi, pour le début de sa visite d'Etat à Paris. François Hollande avait été le premier chef d'Etat européen à être reçu par Xi Jinping après son arrivée au pouvoir en avril 2013. Le président français l'a reçu à son tour avec tous les fastes du protocole.

Un protocole qui a connu deux petits flottements mercredi. Le premier a eu lieu au moment où les deux présidents allaient monter dans la même voiture pour prendre la direction de l'Elysée, une fois la cérémonie terminée. Alors qu'il allait monter à droite, le président français a finalement changé de côté pour s'asseoir derrière le chauffeur. Un geste de courtoisie semble-t-il. Et avant de présider la cérémonie des signatures, les deux chefs d'Etats ont été priés d'achange leur place. Ce qu'ils ont fait. "Ça change tout" s'est exclamé le président français en souriant.

21 signatures se sont ensuite enchaînées pendant 25 minutes sans encombre.

Les enjeux de la visite

François Hollande a annoncé que 50 accords d'une valeur de 18 miliards d'euros devaient être signés pendant la visite de Xi Jinping en France. Des délégués de 145 entreprises chinoises l'accompagnent en effet. Au programme: une grosse commande d'Airbus, la signature définitive qui acte l'entrée de l'Etat français et surtout du constructeur chinois Dongfeng dans le capital du groupe, mais aussi des accords sur la charcuterie, le lait et en matière de santé.

Cette visite qui s'inscrit dans le cadre des célébrations du cinquantième anniversaire des relations diplomatiques franco-chinoises établies le 27 janvier 1964, est aussi destinée à relancer des relations économiques parfois poussives entre la France et la Chine.

Les droits de l'homme entre parenthèse

Il n'a nullement été question des droits de l'homme lors de la conférence de presse mercredi. Xi Jinping arrivé au pouvoir l'an dernier n'a pourtant pas fait progresser la question. S'il cultive l'image d'homme du peuple, c'est un dirigeant à poigne, sur une "ligne assez dure", estime Jean-Philippe Béja, chercheur au CNRS et à Sciences Po, interrogé par FTVI. L'accès à Facebook et Twitter est toujours interdit en Chine. Les arrestations arbitraires d'opposants politiques sont toujours de mise. Pas de changement à signaler non plus sur le dossier tibétain.

L'Elysée affirme aborder la question, mais lors d'échanges privés uniquement. François Hollande a fait part en publique des convergences de vues uniquement, sur diférents dossiers internationaux comme la Syrie ou l'Ukraine notamment.

Première étape à Lyon

Le président chinois est arrivé mardi sur le sol français. Sa première étape a eu lieu à Lyon, une ville qui entretient des relations privilégiées avec la Chine, comme l'expliquait Alain Mérieux invité de BFM Story mardi. Le patron de l'Institut éponyme a reçu le président chinois et son épouse mercredi matin au centre de recherche BioMérieux à Marcy-l'Etoile (Rhône) en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso.

Karine Lambin