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La Chine ferme ses camps de rééducation par le travail

Le camp de rééducation par le travail de Zhuzhou Baimalong, dans la province chinoise de Hunan, le 29 avril 2013.

Le camp de rééducation par le travail de Zhuzhou Baimalong, dans la province chinoise de Hunan, le 29 avril 2013. - -

La réforme prend effet dès ce samedi, date de sa promulgation. Les ONG mettent néanmoins en garde contre la persistance, sous des noms différents, de camps de détention arbitraire dans le pays.

La plus haute instance législative chinoise a adopté, comme prévu samedi, une motions formalisant l'abolition des camps de rééducation par le travail. Ce système, en place depuis 1957, permettait de détenir des personnes sur simple décision de police.

Cette réforme emblématique avait été promise mi-novembre par les autorités, après une réunion du comité central du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir. Elle a été entérinée "par un vote" du comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, la chambre d'enregistrement législative des décisions du parti unique, a précisé l'agence officielle Chine nouvelle.

190.000 détenus en 2009

Objets de multiples abus, très impopulaires et dénoncés par les organisations de défense des droits de l'homme, les camps de rééducation étaient notamment utilisés par les autorités locales pour réprimer les voix dissidentes - internautes dénonçant la corruption ou "pétitionnaires" demandant réparation d'un préjudice. En 2009, un rapport de l'ONU évaluait à 190.000 le nombre de personnes détenues dans le cadre de ce système.

"Les personnes détenues dans les camps vont être remises en liberté et ne seront pas tenues d'exécuter le reste de leurs peines", a précisé Chine nouvelle. La résolution doit prendre effet dès ce samedi, jour de sa promulgation.

D'autres noms pour la détention arbitraire

Des experts ont néanmoins mis en garde contre la probable persistance en Chine, sous des noms différents, d'autres formes de détention arbitraire, alors que se sont multipliés ces derniers mois les interpellations de blogueurs contestataires ou de militants politiques.

Dans son rapport publié mi-décembre, l'ONG Amnesty international avait par exemple pointé la persistance de "prisons noires" illégales, de camps de "réhabilitation pour toxicomanes" et d'autres sites servant à incarcérer des citoyens sans aucune décision de justice.

M. T. avec AFP