BFMTV

Explosions à Tianjin: le point sur ce que l'on sait

La Chine s'est réveillée meurtrie au lendemain d'une double explosion dans la ville portuaire de Tianjin, la quatrième du pays. Les causes exactes de cet accident spectaculaire sont encore inconnues; le bilan s'élève à au moins 50 morts.

De gigantesques explosions survenues dans la nuit de mercredi à jeudi dans la métropole portuaire de Tianjin, dans le nord-est de la Chine, ont fait au moins 50 morts et plus de 700 blessés, selon un bilan officiel publié jeudi, laissant derrière elles un paysage industriel dévasté.

Plusieurs déflagrations

Les déflagrations sont survenues ce mercredi peu avant minuit dans une zone d'usines et d'entrepôts de Tianjin, l'une des plus grandes de Chine, située à 140 km de Pékin. Une boule de feu géante et des colonnes de flammes se sont élevées dans le ciel, propulsant des nuages de poussière et de débris à des dizaines de mètres dans les airs. 

Des images spectaculaires montraient des barrières de feu enveloppant les bâtiments, des rangées de voitures calcinées et d'imposants conteneurs éparpillés tels des briques de jeux d'enfants. Des débris de verre jonchaient les rues jusqu'à trois kilomètres autour du site du désastre. 

Les déflagrations se sont produites dans un entrepôt de la zone portuaire de la ville, dans le nouveau quartier de Binhai, où une cargaison d'explosifs a pris feu, selon des médias d'Etat. La puissance de la deuxième explosion équivalait à la détonation de 21 tonnes de TNT, a indiqué le Centre chinois des réseaux de surveillance des séismes. Dans la zone portuaire, des dortoirs pour travailleurs migrants n'étaient plus que des carcasses de tôle écrasées contre terre.

Le "nouveau district de Binhai", ébranlé par les déflagrations, est une entité administrative grande comme deux fois Hong Kong. En périphérie de Tianjin, une métropole de 15 millions d'habitants, Binhai abrite des myriades d'usines automobiles, de sites de production manufacturière, de raffineries pétrolières et d'entreprises de technologie de pointe. La ville accueille notamment une emblématique usine d'assemblage d'Airbus qui "n'a subi aucun dommage", a précisé l'avionneur européen. 

Un bilan provisoire de 50 morts

La catastrophe a fait 50 morts et plus de 700 blessés, dont 71 se trouvaient dans un état critique, selon un bilan officiel actualisé, rapporté par l'agence Chine nouvelle. Les blessés affluaient aux urgences des hôpitaux de la ville, transportés sur des civières, le visage ou les membres souvent couverts de sang. Quelque 6.000 résidents devaient être relogés jeudi soir, selon les autorités de Binhai.

  • Douze pompiers ont trouvé la mort dans l'intervention, a rapporté l'agence Chine nouvelle. Des dizaines de pompiers, alertés après un départ d'incendie, se trouvaient déjà sur les lieux avant les explosions. Un millier de pompiers et 143 véhicules d'incendie ont été déployés jeudi autour des entrepôts, pour maîtriser le feu qui fait toujours rage ce jeudi soir. 

Une cause encore inconnue

L'élément déclencheur des détonations reste inconnu, mais la catastrophe rappelle néanmoins le piètre bilan de la deuxième économie mondiale en termes de sécurité industrielle. Le respect des normes dans les usines et entrepôts reste problématique, les propriétaires ne respectant pas les réglementations en vigueur pour économiser des frais, sur fond de contrôles laxistes et irréguliers, et de corruption des inspecteurs.

En juillet, 15 personnes avaient été tuées et plus d'une dizaine d'autres blessées dans l'explosion d'un site illégal de stockage de feux d'artifice dans le Hebei. En août 2014, au moins 71 personnes avaient été tuées dans l'explosion d'une usine de pièces automobiles à Kunshan, près de Shanghai.

Le président chinois Xi Jinping a appelé à accomplir "tous les efforts possibles pour secourir les victimes et éteindre l'incendie", a indiqué de son côté la télévision centrale CCTV. Dans une lettre adressée au maire de Tianjin, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius l'a assuré de "l'émotion profonde" et de "la solidarité" de la France.

A. D. avec AFP