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Arriver à la parité au travail dans le monde prendra... plus de 200 ans

Il faudra encore plus de 200 ans pour parvenir à la parité dans le monde du travail, selon le rapport du Forum économique mondial (WEF). 

Il faudra encore plus de 200 ans pour parvenir à la parité dans le monde du travail, selon le rapport du Forum économique mondial (WEF).  - Pixabay

Dans la plupart des domaines, les inégalités entre hommes et femmes dans le monde ne seront pas éliminées avant au moins 108 ans. Au travail, il faudra attendre 202 ans.

C'est pas gagné. Les inégalités de salaire entre hommes et femmes se sont légèrement réduites cette année par rapport à 2017, mais il faudra encore plus de 200 ans pour parvenir à la parité dans le monde du travail, révèle mardi un rapport du Forum économique mondial (WEF). 

L'étude, qui porte sur 149 pays, montre des améliorations en matière de salaires par rapport à l'an dernier. En 2017, l'écart entre les genres s'était élargi pour la première fois depuis 10 ans. La représentation des femmes en politique est en revanche en baisse, tout comme leur accès à la santé et à l'éducation, selon le rapport.

Au rythme actuel, les inégalités entre hommes et femmes, dans la plupart des domaines, ne seront pas éliminées avant au moins 108 ans. Et il faudra 202 ans pour réduire l'écart au travail, souligne le WEF. 

Les femmes gagnent 51% de moins

Le rapport annuel sur la parité examine la situation dans quatre domaines: éducation, santé, politique et monde du travail. Après des années de progrès constants en matière d'éducation, de santé et de représentation politique, la place des femmes a reculé dans ces trois domaines cette année, relève le WEF. 

Dans le monde du travail, des progrès ont été enregistrés, mais pas de façon extraordinaire puisque l'écart entre les salaires est encore de près de 51% dans le monde. Et la part des femmes dans les postes de direction s'élève à 34% dans le monde.

L'étude montre qu'il y a désormais proportionnellement moins de femmes que d'hommes sur le marché du travail, en raison notamment de l'impact de l'automatisation sur des postes traditionnellement occupés par des femmes. Parallèlement, les femmes sont sous-représentées dans les secteurs d'activité en croissance qui nécessitent des compétences et des connaissances en sciences, en technologie, en ingénierie et dans les mathématiques. "Les femmes ne représentent actuellement que 22 % des effectifs spécialisés en intelligence artificielle", déplore ainsi le rapport.

Islande en tête et recul des États-Unis

La situation de la parité a "avancé dans 60 pays, reculé dans 50 et est restée la même pour 34 pays" précise le rapport, rappelant que les situations sont très différentes d'une région du monde à une autre. Alors que les pays d'Europe de l'ouest sont susceptibles de combler l'écart hommes-femmes d'ici 61 ans, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, cela prendra 153 ans, estime le WEF. 

Une fois de plus, ce sont les pays nordiques qui se classent dans le haut du tableau. La parité la plus élevée se retrouve en Islande, qui a comblé 85% de l'écart entre les sexes. Dans le top 10 on retrouve dans l'ordre la Norvège (83,5%), la Suède et la Finlande (82,5%), puis le Nicaragua, le Rwanda, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, l'Irlande et la Namibie.

Parmi les 20 plus grandes économies du monde, question parité au travail, la France termine en tête, à la 12e place mondiale, suivie de l'Allemagne (14e), de la Grande-Bretagne (15e), du Canada (16e) et de l'Afrique du Sud (19e). 

De leur côté, les Etats-Unis continuent à reculer, passant de la 49e à la 51e place, le rapport relevant "une diminution de la parité hommes-femmes aux postes de ministres". La Syrie, l'Irak, le Pakistan et le Yémen enregistrent, eux, le plus grand niveau d'inégalités entre hommes et femmes.

Salomé Vincendon avec AFP