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Présidentielle US: Trump et Clinton impatients d'en découdre

ANALYSE - Donald Trump et Hillary Clinton ressortent favoris des primaires républicaine et démocrate après les scrutins du Super Tuesday dans une douzaine d'Etats, et semblent réellement impatients d'en découdre.

Au soir du Super Tuesday, Hillary Clinton est apparue devant un groupe de supporters soigneusement choisis pour les caméras: une jeune fille portant un hijab, des Noirs, des Latinos, autant de représentants des minorités qui peuvent se sentir menacées par le candidat d'en face Donald Trump. De son côté, le candidat républicain a consacré une grande partie de son discours de victoire à attaquer Hillary Clinton qu'il présente quasiment comme la présidente sortante : "Qu'a-t-elle fait toutes ces années aux côtés d'Obama?".

Hillary Clinton devant un groupe de supporters soigneusement choisis.
Hillary Clinton devant un groupe de supporters soigneusement choisis. © BFMTV

Ces deux là semblent vraiment impatients d'en découdre. Pour Donald Trump, Hillary Clinton est l'adversaire idéale pour appuyer son discours sur le déclassement américain causée par des politiciens incompétents qui s'accrochent au pouvoir. Pour Hillary Clinton, Donald Trump est le repoussoir idéal pour les femmes et les minorités ethniques qui, elle l'a appris à ses dépens en 2008, font basculer l'élection. Si l'affrontement Clinton-Trump avait lieu aujourd'hui, Hillary Clinton l'emporterait de justesse avec trois points d'écart selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics.com.

De vrais gladiateurs dans l'arène

La bataille s'annonce serrée. Hillary compte sur les minorités, Trump compte sur la participation. Il a réussi depuis le début des primaires à mobiliser des couches de la population qui, habituellement, ne votent pas. Et si Hillary Clinton pourra s'appuyer sur le soutien total de son parti, pour Donald Trump, c'est moins sûr. L'appareil républicain continue de chercher à lui barrer la route. Pas forcément par attachement aux grand principes mais parce que les sondages montrent que Donald Trump est celui qui a le plus de chances d'être battu par Hillary Clinton. Et, encore plus préoccupant, de nombreux sénateurs soumis à réélection en novembre ont peur que le bouillant milliardaire fasse fuir leurs électeurs modérés.

Ainsi, avec Trump, le parti républicain redoute de perdre la Maison Blanche et la majorité au Sénat. Donald Trump, lui, pour l'instant, n'en a cure. Il n'a pas besoin de l'appareil tant qu'il a le soutien des électeurs. Et tant qu'il pourra continuer à profiter de la dispersion des voix entre ses trop nombreux concurrents, qui sont encore quatre.

Dans l'entourage d'Hillary Clinton, on n'a jamais caché que Trump était l'opposant idéal. Mais l'un de ses conseillers, et non des moindres, est très prudent: Bill Clinton, qui a l'expérience des campagnes présidentielles, considère que Donald Trump serait le 8 novembre un candidat extrêmement difficile à battre. Est ce un hasard si ce sont les candidats les plus agressifs qui ont émergé dans chaque camp? La présidentielle est un combat et ces deux-là sont des gladiateurs. Prêts au combat.

Jean-Bernard Cadier