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GRAND ANGLE - Sécheresse en Californie: la vie sans eau potable

La Californie fait face à une sécheresse ravageuse.

La Californie fait face à une sécheresse ravageuse. - BFMTV

La Californie est confrontée à une sécheresse très sévère qui dure depuis des années. Dans certaines villes, les habitants doivent apprendre à vivre sans eau potable.

A East Porterville, petite localité californienne, il n'a pas plu depuis quatre ans. Une sécheresse sans fin qui ravage tout: champs et pelouses brûlés, rivières à sec et surtout, plus de 700 familles sans eau courante depuis des mois. Tous les jours, des habitants, comme Bryan et Shane, viennent s'approvisionner avec leurs bisons à un réservoir installé devant la caserne des pompiers.

"Toute l'eau qu'on utilise vient d'ici", racontent-ils à BFMTV. "C'est gratuit, on ne paie que l'essence pour la pompe et l'équipement".

"Mon puits est à sec depuis 2013"

Ici, on apprend à vivre sans eau. La moindre goûte est rare et précieuse. La plupart des foyers ne sont reliés à un réseau collectif d'eau. Ils s'alimentent grâce à des puits privés, creusés à côté des maisons. Mais avec la sécheresse, les puits se vident les uns après les autres.

"Mon problème, c'est que je n'ai plus d'eau chez moi", confie Juana Garcia, une habitante d'East Porterville. "Mon puits est à sec depuis le milieu de l'année 2013".

A la maison, cette mère de cinq enfants, célibataire et sans emploi, doit elle aussi se débrouiller. Pour se laver, elle est contrainte d'utiliser des bidons, qui lui sont donnés par ses voisins. Elle fait la vaisselle dans des bassines et recycle tout ce qu'elle peut.

"Quand j'ai fini de laver la vaisselle, et qu'elle n'est pas trop sale, je la met sur le sol et je fais le ménage. Et parfois je prends la bassine et je verse le reste dans une plante".

"On ne peut plus vendre la maison, on est coincé ici"

Plusieurs familles ont déjà dû quitter la ville, chassées par la sécheresse qui provoque également une crise sanitaire. Angelica Gallegos, 39 ans, ne peut plus sortir sans un masque de protection. L'air, très sec, est chargé de pollution et de poussières. Elle a développé un asthme virulent.

"Ca a commencé avec la sécheresse, il y a deux ans", précise-t-elle. "Je n'avais jamais eu d'asthme, avant. Je ne savais même pas ce que c'était".

En ville, les médecins constatent une hausse de 25% des malades comme Angelica. Cette mère de famille doit rester chez elle le plus souvent possible. Elle vit calfeutrée.

"Chez moi, je ne peux laisser entrer aucune poussière", poursuit-elle. "Donc , j'ai mis des rideaux et je garde tout fermé. Je ne peux pas ouvrir les fenêtres et je ne peux pas utiliser mon climatiseur".

Pour préserver sa santé, son médecin lui conseille de quitter la ville, mais avec son mari, ils ne peuvent plus vendre la maison sans eau potable. "Nous sommes coincés ici", soupire Angelica.
C. P. avec Guillaume Couderc, Antoine Bonnetier et Julie Papet (vidéo)