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L'ex-chef du FBI accepte de témoigner publiquement au Sénat

Son renvoi soudain avait fait grand bruit et relancé les soupçons de collusion avec la Russie formulés à l'encontre du président Trump. L'ex-patron du FBI devrait être entendu publiquement devant le Sénat. Ce, alors que le président entame une importante tournée diplomatique.

Il vient de décoller à destination de l'Arabie saoudite pour une importante tournée diplomatique que déjà, les affaires le rattrapent. Le président Donald Trump est plus que jamais dans la tourmente. L'ex-directeur du FBI James Comey, limogé soudainement il y a dix jours par Donald Trump, a accepté d'être entendu lors d'une audition publique au Sénat américain en juin, ont annoncé vendredi les chefs républicain et démocrate de la commission du Renseignement. Le renvoi de James Comey le 9 mai alors que ses services enquêtaient sur les liens éventuels entre des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou avait secoué Washington, les répliques de cette décision rarissime pour un président américain continuant d'agiter fortement la Maison Blanche.

Depuis, l'ex-chef du FBI est resté silencieux. Potentiellement explosive, son audition publique aura lieu après le dernier week-end de mai, ont-ils précisé dans un communiqué commun, publié quelques heures après le départ de Donald Trump pour son premier voyage à l'étranger. 

"J'espère que le témoignage de l'ancien directeur Comey permettra de répondre à certaines des questions soulevées depuis qu'il a été soudainement renvoyé par le président" républicain, a déclaré le sénateur démocrate Mark Warner, numéro deux de la commission du Renseignement. 

"Le directeur Comey a servi son pays honorablement pendant de nombreuses années et il mérite de pouvoir raconter sa version de l'histoire. De plus, les Américains méritent de l'entendre", a-t-il poursuivi, cité dans le communiqué.

"J'espère qu'il éclaircira aux yeux des Américains les événement récents qui ont été largement rapportés par les médias", a ajouté le président de la commission, le républicain Richard Burr, précisant que ses membres avaient "hâte" d'entendre ce que James Comey a à dire sur les accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016, sur lesquelles enquête le FBI. 

Le président nie en bloc

Donald Trump a toujours nié toute collusion avec la Russie dans sa campagne électorale, durant laquelle Washington avait accusé Moscou d'avoir mené des piratages et de la désinformation afin de nuire à sa rivale démocrate Hillary Clinton. Depuis l'éviction de James Comey, les fuites dans la presse et coups de théâtre s'enchaînent à Washington. 

Selon le New York Times, Donald Trump aurait notamment fait pression sur ce dernier pour qu'il classe le volet de l'enquête concernant Michael Flynn, son éphémère conseiller à la sécurité nationale soupçonné de jeux troubles avec les Russes. James Comey aurait refusé, mais consigné cette conversation dans des notes.

Vendredi, le Washington Post a avancé que l'enquête du FBI sur les liens entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie s'intéresse à un haut responsable actuel de la Maison Blanche, conseiller "proche" du président américain.

De son côté, le New York Times affirmait que le président américain avait qualifié James Comey de "cinglé", un jour après l'avoir limogé, lors d'une rencontre avec le chef de la diplomatie russe dans le Bureau ovale.

David Namias avec AFP