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L'étonnant mea culpa de Donald Trump

Donald Trump a fait son mea culpa lors d'un meeting à Charlotte, en Caroline du Nord, le 18 août.

Donald Trump a fait son mea culpa lors d'un meeting à Charlotte, en Caroline du Nord, le 18 août. - Brian Blanco - Getty Images North America - AFP

Le candidat républicain à la Maison Blanche, en difficultés dans les sondages, s'est excusé, jeudi, des paroles blessantes qu'il a pu tenir au long de sa campagne, rompant ainsi avec son style corrosif.

La démarche était pour le moins inattendue, mais semble traduire une certaine fébrilité du candidat républicain face à ses mauvais résultats dans les sondages. Jeudi, Donald Trump a surpris tous les observateurs en disant regretter d'avoir prononcé des paroles blessantes au cours de sa campagne. Une initiative surprenante, compte tenu de tous les coups envoyés sans ménagement par le milliardaire depuis son entrée en lice, en juin 2015.

"Parfois, on ne choisit pas les bons mots"

"Parfois, dans le feu de l'action dans un débat, ou en s'exprimant sur de multiples sujets, on ne choisit pas les bons mots ou on dit la mauvaise chose", a déclaré le candidat républicain à la Maison Blanche lors d'un meeting à Charlotte, en Caroline du Nord. "Cela m'est arrivé", a-t-il poursuivi, faisant alors rire et applaudir ses partisans.

"Et, vous n'êtes pas obligés de me croire, mais je le regrette", a ensuite admis Donald Trump de façon inédite. "Je le regrette, en particulier lorsque cela a pu blesser des gens personnellement", a-t-il dit, avant d'assurer toutefois à ses partisans: "Je vous dirai toujours la vérité".

La déclaration, lue depuis un prompteur lors d'un rassemblement sans remous et inhabituellement apaisé, marque une inflexion dans le style de campagne du candidat républicain à la Maison Blanche. Lui qui avait pourtant émis le désir, ces derniers jours, de retourner au verbe explosif qui avait fait son succès lors des primaires, alors que sa campagne tangue sous l'effet de polémiques à répétition.

En mauvaise posture dans les sondages

Ce retour inattendu vers une campagne plus politiquement correcte peut s'expliquer par les mauvais résultats enregistrés par Donald Trump dans les sondages. L'ensemble des enquêtes d'opinion réalisées ces derniers jours le placent en effet derrière sa rivale au niveau national. 

A 80 jours de l'élection, le milliardaire a perdu des points dans la course à la présidentielle après une série de dérapages. Il avait notamment tenu des propos controversés concernant les parents d'un capitaine américain musulman mort au combat

Selon un sondage effectué par The Economist et YouGove, publié mercredi, la démocrate Hillary Clinton est créditée de 41% d'intentions de vote contre 35% pour Donald Trump. Un écart important, confirmé par tous les derniers sondages. 

Une équipe de campagne encore remaniée 

Mercredi, le magnat de l'immobilier avait déjà montré un signe de renouveau en annonçant un second remaniement de la direction de son équipe de campagne. Objectif: injecter du sang neuf et marginaliser le consultant chevronné qui gérait sa campagne depuis juin, Paul Manafort. Ce dernier a en effet été éclaboussé par de récentes révélations du New York Times selon lesquelles il a été mêlé à une enquête de corruption politique en Ukraine, mais a également conseillé nombre de dictateurs et seigneurs de guerre, tout en amassant une fortune considérable. Ecarté, Paul Manafort a finalement remis sa démission, ce vendredi. 

Stephen Bannon, à la tête du site d'informations conservateur Breitbart News, a été promu directeur général. Kellyanne Conway, une sondeuse républicaine connue, devient quant à elle directrice de campagne. En pratique, au-delà des titres, ces deux personnes deviennent les nouveaux personnages dominants de l'équipe Trump.

Ce remaniement est le deuxième entrepris par Donald Trump en seulement deux mois. En juin dernier, le milliardaire s'était en effet séparé de son premier directeur de campagne, Corey Lewandowski, qu'il avait remplacé par Paul Manafort. 

Adrienne Sigel