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Hillary Clinton au seuil de l'investiture démocrate pour la Maison Blanche

Les partisans de l'ancienne Première dame se préparent, à l'issue des primaires qui se dérouleront dans six Etats mardi, à célébrer sa victoire dans la longue course à l'investiture démocrate. Mais la fête pourrait être gâchée si son rival Bernie Sanders lui infligeait un camouflet symbolique dans les urnes en Californie.

La démocrate Hillary Clinton a passé lundi la barre du nombre de délégués lui assurant de devenir la première femme à briguer la Maison Blanche pour un grand parti américain, selon l'estimation de plusieurs médias américains. Mais la candidate n'a pas crié victoire, craignant une démobilisation de ses partisans lors du dernier "super mardi" des primaires dans six Etats dont la Californie, où son adversaire Bernie Sanders espère arracher une victoire symbolique.

A 68 ans, l'ancienne Première dame et secrétaire d'Etat est donc assurée de remporter cette le nombre suffisant de délégués pour devenir la première femme à être investie pour l'élection présidentielle par l'un des deux grands partis américains.

Son adversaire républicain, pour l'élection présidentielle de novembre, est connu depuis un mois: Donald Trump. Aidée par ses victoires dans les territoires des Îles Vierges et de Porto Rico ce week-end, Hillary Clinton a donc atteint la barre de 2.383 requise pour empocher l'investiture. Bernie Sanders a environ 800 délégués de retard sur elle.

"Ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini"

"Ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini", a-t-elle dit à des journalistes lors d'un rare point presse à Compton, lors duquel elle a brièvement évoqué le caractère historique de sa candidature. "Mes partisans sont passionnés", a dit Hillary Clinton, notamment "car ils pensent qu'avoir une femme présidente enverra un message fort, un message historique sur le type de pays que nous sommes, et nos valeurs". "C'est très émouvant".

Mais Bernie Sanders conteste cette victoire annoncée et affirme vouloir faire changer d'allégeance les superdélégués, des responsables et élus du parti démocrate libres de leur vote lors de la convention d'investiture de Philadelphie, en juillet. Plus de 500 sur 700 se sont ralliés à Hillary Clinton. Voilà pourquoi il continue de critiquer vertement son adversaire avant le vote de la nuit en Californie. 

En cas de première place, il pourrait justifier son maintien en course jusqu'à la dernière primaire, la semaine suivante à Washington, voire jusqu'à la convention.

"Notre objectif est de gagner autant de délégués que possible, afin de convaincre les superdélégués que je suis le meilleur candidat" pour battre Donald Trump en novembre, a dit Bernie Sanders lors d'une conférence de presse à Emeryville. Se ralliera-t-il avant la convention? "On se reparlera après la primaire de Californie, où nous espérons gagner. Nous ferons le point après demain".

Le rassemblement des démocrates s'avère délicat

Quoique fasse le sénateur du Vermont, Hillary Clinton a bien l'intention de revendiquer la victoire mardi, vraisemblablement dès la fermeture des bureaux de vote du New Jersey, sur la côte est, où le quart des voix lui suffiraient. Elle prononcera un discours mardi soir dans son fief de New York.

"Demain, cela fera exactement huit ans que je me suis retirée et ralliée à celui qui était alors encore sénateur Obama. Je pense que c'était la bonne décision", a-t-elle dit lundi. "Les enjeux sont très importants pour tous ceux qui m'ont soutenue, ceux qui ont soutenu le sénateur Sanders, et qui veulent empêcher Donald Trump de devenir président, ce que j'ai même du mal à dire".

Mais le rassemblement de la gauche américaine s'avère délicat, Bernie Sanders multipliant les actes de défiance et exhortant ses partisans à ne pas se démobiliser. Pour faire l'union, le camp Clinton compte sur une force unificatrice exceptionnelle... du nom de Donald Trump.

Hillary Clinton a commencé le travail de démolition en qualifiant le républicain d'inapte à la présidence. La semaine a été mauvaise pour l'homme d'affaires. Il a déclenché un tollé, y compris dans sa famille politique, en fustigeant un juge fédéral en raison de ses origines mexicaines, dans une affaire sur son ex-"université".

Dimanche, il a doublé la mise sur CBS en déclarant qu'un juge musulman pourrait également être soupçonné de partialité contre lui. Il répond aux polémiques en attaquant Hillary Clinton sur les financements de "la fondation Clinton criminellement malhonnête", qui a reçu de nombreux dons de pays et hommes d'affaires étrangers lorsqu'elle dirigeait encore la diplomatie.

Le danger pour Hillary Clinton est que Bernie Sanders, dimanche, l'a pour la première fois attaquée sur ce thème, estimant qu'il y avait une apparence de conflit d'intérêts.

V.R. avec AFP