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Etats-Unis: le candidat Donald Trump insulte ses adversaires

Donald Trump a révélé le numéro de téléphone d'un de ses adversaires en public.

Donald Trump a révélé le numéro de téléphone d'un de ses adversaires en public. - Scott Olsan - AFP

Déjà auteur de plusieurs dérapages depuis l'annonce de sa candidature aux primaires républicaines, le milliardaire américain s'est payé mardi soir ses adversaires, les affublant de qualificatifs peu agréables.

Les noms d'oiseaux ont volé mardi soir aux Etats-Unis. Déjà auteur de plusieurs dérapages, Donald Trump, candidat aux primaires républicaines, a offert à son public réuni lors d'un meeting en Caroline du Sud un florilège de qualificatifs peu affectueux à l'attention de ses adversaires.

Première victime de ces attaques: Lindsey Graham, sénateur républicain de l'Etat de Caroline du Sud, également candidat à l'investiture pour la présidentielle américaine de 2016. C'est "un poids plume total", a débuté Donald Trump. "Dans le secteur privé, il ne pourrait jamais se faire embaucher... il serait faible". Le magnat de l'immobilier faisant référence à sa réussite personnelle.

Le numéro de son adversaire révélé en public

Se délectant de ce que son adversaire local "enregistre zéro dans les sondages", le trublion de cette primaire républicaine l'a ensuite traité de "mendiant". Un jugement qu'il a porté après avoir raconté comment Lindsey Graham l'avait contacté il y a quatre ou cinq ans, pour lui demander un soutien financier pour sa campagne et le prier de citer son nom lors de son passage sur ABC News, la chaîne de télévision conservatrice aux Etats-Unis.

De l'escalade verbale, Donald Trump est ensuite passé pour la première fois aux actes. Expliquant que Lindsey Graham lui avait donné son numéro de téléphone, il l'a communiqué au public présent lors de ce meeting, retransmis à la télévision. Contactée, l'équipe de campagne a confirmé qu'il s'agissait du numéro du sénateur, explique SkyNews.

"Il est très méchant"

Assailli d'appels et de messages, peu revanchard, Lindsey Graham a tweeté dans la foulée: "Je vais devoir probablement acheter un nouveau portable, iPhone ou Androïd?", questionne-t-il avec amusement le réseau social.

Rick Perry, ancien gouverneur du Texas, lui aussi candidat à la primaire républicaine, n'a pas été oublié dans cette guerre des mots. "Il est très bas dans les sondages, il met des lunettes pour faire croire qu'il est intelligent, mais ça ne marche pas, les gens le voient bien", a déclaré Donald Trump. "Il est très méchant", renchérit le milliardaire.

Moins blessant, il a reproché à Jeb Bush, frère cadet et fils des anciens présidents Bush, de ne pas être un "dealmaker", un bon homme d'affaires. Mais à distribuer des coups dans son propre camp, Donald Trump en vient à saluer les qualités des démocrates. "Qui préféreriez-vous pour négocier avec la Chine, Trump ou Jeb?", a-t-il demandé. "Trump ou Hillary... Hillary, elle aussi a un sacré ton".

Un générateur d'insultes

Les adversaires républicains de Donald Trump tentent malgré tout de répondre à ces attaques, notamment quand ce dernier s'en est pris à John McCain en assurant que l'ancien candidat à la présidentielle de 2008 n'était pas un "héros de guerre". "J'ai été fortement offensé par ce qu'a dit Donald Trump sur John McCain", confiait Ricky Perry avant de réclamer au milliardaire des excuses publiques auprès de tous les vétérans.

Le magnat de l'immobilier s'est également illustré avec des propos jugés racistes à l'encontre des Mexicains, qu'il accuse d'importer la drogue et la violence aux Etats-Unis. Ces multiples dérapages en font pourtant le chouchou des sondages. Dans une enquête pour le Washington Post et ABC News, il est crédité de 24% d'intentions de vote auprès des électeurs républicains, loin devant Scott Walker et Jeb Bush, qui recueilleraient respectivement 13 et 12%.

Le ton détonant de Donald Trump semble faire des émules outre-Atlantique. Le magazine Time a même lancé un générateur d'insultes à la Donald Trump. "Loser", "mendiant", "homme de paille"... toutes les sorties remarquées du milliardaire y sont.

Justine Chevalier avec AFP