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Et si les baïonnettes d'Obama se retournaient contre lui ?

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Obama qui accuse Romney de vivre à l'époque des baïonnettes, lors de leur troisième débat télévisé... Jean-Bernard Cadier, correspondant de BFMTV à New York, exprime ses doutes sur le bon mot du président-candidat. Chronique.

Obama qui explique à Romney que l'époque des baïonnettes est révolue : c'est un énorme succès en terme de buzz, record de la soirée sur Twitter. Mais en terme électoral ? Un moment de franche rigolade certes. Mais avec quel but ? Reprenons exactement ce qu'a dit Obama dans ce troisième et dernier débat

"Je crois que le gouverneur Romney n'a pas pris assez de temps pour examiner le fonctionnement de notre armée. Vous avez mentionné la Marine, par exemple, et le fait qu'elle ait moins de navires qu'en 1916. Bien, gouverneur... Nous avons aussi moins de chevaux et de baïonnettes, parce que la nature de nos engagements militaires a changé. Nous avons ces choses qu'on appelle porte-avions, sur lesquels les avions atterrissent... Nous avons ces bateaux qui vont sous l'eau, les sous-marins nucléaires."

Le défaut d'Obama : se montrer condescendant

J'ai rencontré il y a quelques jours un très proche d'Obama (grâce à une consoeur du Monde), le sénateur Michael Benett du Colorado. Quand je lui ai demandé ce qu'il attendait des débats il m'a dit qu'il prévoyait (évidemment) une victoire d'Obama en ajoutant : "sauf s'il se montre condescendant, car c'est son principal défaut : il peut donner l'impression qu'il regarde de haut son interlocuteur, qu'il le méprise."

Ouch ! N'est ce pas exactement ce qua fait Obama lundi soir ? Les baïonnettes, passe encore mais "ces choses qu'on appelle porte-avions" et les "bateaux qui vons sous l'eau, les sous-marins", c'est peut-être la petite touche de trop.

La baïonnette, une arme à double tranchant

Est ce que les femmes ont ri ? C'est au bout du compte la question qui comptera. Car si Romney a surpris par la modération de son propos s'abstenant de toute attaque frontale ce n'est pas par hasard. C'est parce que ses conseillers lui ont dit qu'il était en retard dans l'électorat féminin et que les femmes n'aimaient pas l'agressivité. Ont elle apprécié l'humour condescendant ?

Cette bataille est tellement serrée, attendez vous à ce que ce "bon mot" et ses conséquences soit disséqués dans les jours qui viennent. Et que les républicains nous rappellent que la baïonnette est une arme à double tranchant.

A New York et Jean-Bernard Cadier