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EDITO - "Une procédure de destitution risque d'être engagée contre le président Trump"

La condamnation de deux anciens proches de Donald Trump ce mardi contribue à "ternir l'image" du président américain et à "empoisonner" sa campagne pour les élections de mi-mandat, analyse Ulysse Gosset, éditorialiste de BFMTV.

Double coup dur judiciaire pour Donald Trump. Mardi, le président américain a vu deux de ses anciens proches collaborateurs condamnés dans deux affaires distinctes: son ex-avocat personnel a plaidé coupable devant un juge fédéral de Manhattan de huit chefs d'accusation pour fraude fiscale et bancaire et pour violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Michael Cohen a ainsi reconnu avoir versé 130.000 et 150.000 dollars à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump en échange de leur silence, et ce "à la demande du candidat".

De son côté, l'ancien directeur de campagne du président américain, Paul Manafort, a été reconnu coupable de fraude fiscale et bancaire. Un premier verdict partiel mais symbolique dans le cadre de l'investigation conduite par le procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016. De quoi fragiliser le chef d'Etat américain qui pourrait être soumis, d'après Ulysse Gosset, éditorialiste politique étrangère de BFMTV, à une procédure de destitution en cas de victoire des démocrates aux élections de mi-mandat qui auront lieu le 6 novembre prochain.

"Tout va se jouer en novembre"

"C'est sans aucun doute l'épée de Damoclès qui va peser sur toute la présidence Trump, jusqu'à la fin de son premier mandat. Ce qui se passe en ce moment est absolument phénoménal. Deux de ses anciens alliés, le porte-parole de sa campagne et son avocat personnel, contredisent ce que le président a dit publiquement. L'avocat de Donald Trump affirme que le président, candidat, lui avait demandé de verser de l'argent à deux femmes avec lesquelles il aurait eu une liaison, pour acheter leur silence. Or Donald Trump a dit exactement le contraire, donc il y a risque de parjure. Mais n'oublions pas une chose essentielle aux Etats-Unis: rien ne peut se faire sans l'aval du Congrès. Tout va se jouer en novembre prochain, à l'occasion des élections de mi-mandat, le 6 novembre. Nous verrons alors si les Républicains, alliés de Trump en théorie, garderont le contrôle de la Chambre ou si les démocrates, le reprendront. Si les démocrates l'emportent, alors il y a un risque qu'une procédure de destitution, d'impeachment, soit engagée contre le président. Cela prendra des mois, pour ne pas dire des années. Car on peut imaginer que tous les avocats du président, les soutiens au Sénat, à la Chambre, se mettront alors en mouvement pour empêcher la destitution. Mais ce sera in fine le Congrès américain qui décidera de ce qui arrivera à Trump.

Me.R. avec Ulysse Gosset